Quand une application de fitness permet de détecter des bases militaires secrètes

Strava est le concepteur d’une application de fitness et de remise en forme qui utilise le GPS de votre smartphone pour suivre quand et où vous faites de l’exercice. Le but de l’application est de créer un genre de réseau social regroupant ses utilisateurs. Elle a d’ailleurs publié ainsi en novembre une carte de chaleur montrant l’activité de ses utilisateurs à travers le monde entier.

Si le résultat est très joli, avec des millions de points illuminés à travers le globe, il soulève néanmoins quelques soucis au niveau sécurité.

strava

Une carte qui montre le mouvement des militaires sur le terrain

Un analyste a en effet souligné que la carte de Strava permettait de déterminer facilement l’emplacement des bases militaires et des trajets habituels de leurs personnels. La remarque a été faite par Nathan Ruser, membre de l’Institute for United Conflict Analysts. Il a publié un post sur Twitter dans lequel il note qu’il est facile de regarder la carte et de la recouper avec les emplacements d’installations militaires connues, ou de localiser des installations potentielles dans les zones de combat sur la base des données des utilisateurs de l’application.

Nathan a également posté plusieurs captures d’écran qui montrent selon lui des routes régulières de jogging, des patrouilles et des emplacements de bases d’opérations en Afghanistan.

Le problème n’est pas vraiment que la carte de Strava révèle la présence d’installations militaires dans le monde – Google Maps et les images satellites publiques le font déjà. Mais là où Google Maps montre l’emplacement des bâtiments et des routes, la carte de Stava fournit des informations supplémentaires sur les habitudes des militaires. Elle révèle comment les gens se déplacent le long de ces zones, et à quelle fréquence, ce qui constitue une menace potentielle pour la sécurité du personnel.

L’armée américaine étudie la question, et Strava se défend…

Le colonel John Thomas de l’Air Force, porte-parole du commandement central américain, a expliqué au Washington Post que l’armée étudiait « les implications de la carte ». De son côté, Strava affirme que son entreprise est « déterminée à aider les gens à mieux comprendre les paramètres de confidentialité » de son application et que sa carte « représente une vue agrégée et anonymisée de plus d’un milliard d’activités enregistrées sur notre plate-forme. Cela exclut les activités qui ont été marquées comme zones privées et de confidentialité définies par l’utilisateur. »

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