Quand une exoplanète disparaît 10 ans après sa découverte

Fomalhaut b a été découverte en 2004 grâce à Hubble, le télescope spatial de la NASA. Dix ans plus tard, l’exoplanète a disparu sans laisser la moindre trace… ou presque.

Cette planète, dont l’existence avait été prédite dès 2006 par Alice C. Quillen, a été découverte par l’équipe de Paul Kalas en 2008 grâce à une coronographie prise par le télescope spatial Hubble. Le corps orbitait initialement autour de Fomalhaut, une étoile située dans la constellation du Poisson austral.

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Mais très vite, des voix se sont fait entendre. En 2012, plusieurs astronomes ont ainsi contesté son existence suite à une observation réalisée avec ALMA, le réseau d’antennes millimétrique situé à Atacama, dans le nord du Chili.

Fomalhaut b, la planète disparue

Thaine Curie a cependant confirmé une nouvelle fois son existence quelques semaines plus tard, suivi par Raphaël Galicher en 2013. Mais en dépit de ces multiples observations, Fomalhaut b a toujours été au coeur de vives polémiques dans la communauté scientifique.

D’après les différents relevés effectués depuis sa découverte, la planète serait de la même dimension que Jupiter et elle se trouverait à environ 17 milliards de kilomètres de son étoile. Beaucoup d’astronomes pensent également que la planète s’accompagne d’un disque planétaire.

Mais voilà, comme le rapporte LiveScience, Fomalhaut b a disparu de tous les radars dix ans après sa découverte. Depuis, bien sûr, plusieurs hypothèses ont été formulées pour tenter d’expliquer cette soudaine disparition. Certains pensent que la planète a été détruite par son étoile, d’autres qu’elle a fini par échapper à sa gravité.

Plus tôt dans la semaine, une nouvelle étude a justement été publiée dans la revue PNAS, ou Proceedings of the National Academy of Sciences. Une étude portant précisément sur la disparition de l’exoplanète… ou plutôt de ce que nous pensions être une exoplanète.

L’exoplanète s’était volatilisée 10 ans plus tard

Dans leur papier, les scientifiques supposent en effet que Fomalhaut b n’était pas réellement une planète.Ils partent ainsi du principe que le corps que nous avons aperçu en 2004 et en 2006 avec Hubble n’était peut-être qu’un gigantesque nuage de débris glacés. Un nuage créé par une violente collision entre deux fragments planétaires.

Les chercheurs pensent en effet que lorsque Hubble a braqué son miroir en direction du système, une collision venait d’avoir lieu. Le nuage était donc encore très dense, suffisamment en tout cas pour faire croire à Hubble qu’il était en train d’observer une planète. Puis, dans les années à venir, le nuage se serait développé jusqu’à disparaître totalement, créant par la même occasion cette insoluble énigme astronomique.

Pour confirmer leur hypothèse, l’équipe, dirigée par Andras Gaspar de l’Observatoire Steward de l’université de l’Arizona, a passé en revue les observations menées par Hubble et elle a ensuite créé des modèles informatiques afin de calculer les effets que pourrait avoir une collision entre deux corps glacés de 200 km de diamètre. Et d’après leurs conclusions, cette collision aura bien pu donner naissance à un tel nuage.

Une planète… ou autre chose

Plus important encore, selon eux, l’hypothèse du nuage expliquerait également les incohérences relevées par nos instruments. Le corps apparaissait en effet comme plus lumineux que la normale, à un point tel qu’il a pu être observé par le biais du spectre visible. En outre, l’exoplanète ne présentait aucune signature lumineuse infrarouge, ce qui laisse supposer des températures extrêmement froides. Températures incompatibles avec les caractéristiques habituelles jeunes planètes.

L’hypothèse semble donc se tenir, mais ces conclusions sont bien entendu à prendre avec prudence. Dresser une hypothèse est une chose, mais encore faut-il qu’elle soit discutée au sein de la communauté scientifique.