Quand vos photos d’identité judiciaire sont partagées à votre insu sur des sites web douteux

Lucas Tuberquia est un père de famille qui a comparu il y a deux ans devant la justice pour infractions routières. Les accusations contre lui avaient cependant été abandonnées, laissant ainsi son casier judiciaire vierge. Malheureusement pour Lucas, sa photo d’arrestation a fuité des bases de données de la police pour être postée sur des sites web spécialisés dans le partage de ce genre de clichés.

Ce type de plateformes attire beaucoup aux États-Unis. On en compte près d’une douzaine dont le tristement célèbre Mugshots.com. Ces sites procèdent comme suit : les photos sont publiées, mais il est possible de les faire disparaitre d’internet en échange d’une coquette somme. Il se trouve que les sites qui proposent les services de suppression sont de mèche avec ceux qui publient les photos.

Facepalm

Ces pratiques ne sont pas sans conséquence pour les « victimes. » À cause de ces photos postées sur le net, le statut de criminel les colle à la peau. Cela détériore leurs relations sociales et leur carrière professionnelle.

Un business florissant

CleanSearch est un site Internet spécialisé dans la suppression de « contenus résiduels. » Selon son directeur des opérations, la plateforme recevrait à peu près 5 000 demandes de suppression par mois, ce qui représente quand même un sacré paquet d’argent quand on sait que le service est facturé 1 175 $.

Dans un communiqué de presse, le procureur général de la Californie, Xavier Becerra, révèle que ce genre de sites aurait fait à peu près de 6 000 victimes aux États-Unis entre 2014 et 2017.

Les services de suppression de photos leur auraient alors permis de récolter jusqu’à 2,5 millions de dollars.

Que dit et fait la loi ?

Si la loi interdit aux sites de faire payer ce service, elle n’exige cependant pas qu’ils soient supprimés définitivement. Il en résulte que certains continuent leurs activités malhonnêtes. Ils se procurent les dossiers et photos d’arrestation qu’ils publient dans les archives criminelles de la police qui sont disponibles sur les sites web des États.

Pour ce qui est de Mugshots.com, les exploitants du site ont été arrêtés pour « fraude » et « extorsion criminelle. » Le dossier d’accusation comprend plusieurs témoignages de personnes qui ont vécu les mêmes tourments que Lucas Tuberquia. Il reste à savoir si la justice prendra enfin les mesures nécessaires pour faire cesser ce genre d’activité.