Que se passerait-il si la Terre tournait plus vite ?

On sait depuis assez longtemps que la Terre tourne autour d’elle-même. Sa vitesse de rotation n’est cependant pas la même sur toute la surface du globe. Notre planète tourne en effet plus rapidement au niveau de l’équateur où sa circonférence est la plus grande. A cet endroit, sa vitesse est d’environ 1 669 kilomètres par heure alors qu’elle est par exemple, de 1 207 kilomètres par heure à Chicago. Avec sa vitesse de rotation actuelle, tout semble aller pour le mieux pour la Terre ainsi que les êtres vivants qui y vivent, mais que se passerait-il si son rythme s’accélérait ?

Selon les experts, il y aurait pas mal de changements si cela arrivait. Parmi les conséquences attendues, on peut citer par exemple l’augmentation du niveau de la mer autour de l’équateur, la déviation de certains des satellites qui orbitent autour de la Terre, ou encore un décalage horaire constant.

Une photo de la Terre et de la Lune, prise depuis l'espace
Crédits Pixabay

D’après Witold Fraczek, analyste dans une entreprise de fabrication de logiciels de système d’information géographique (SIG), dénommée ESRI, plus la Terre tournerait vite, plus les choses deviendraient catastrophiques.

Voici une liste de conséquences à prévoir en cas d’augmentation de la vitesse de rotation de la Terre.

Des satellites à la dérive

Les satellites géostationnaires qui tournent autour de la Terre vont à la même vitesse que la planète. Ils peuvent ainsi rester tout le temps à la même position. Si la Terre accélérait sa vitesse de 1,61 kilomètre par heure, les satellites perdraient leur position initiale et cela pourrait engendrer des perturbations au niveau des communications par satellites, des opérations militaires et de la diffusion télévisée.

Si les satellites transportant du carburant peuvent ajuster leur vitesse et leur position suivant celle de la planète, les autres devraient par contre être remplacés.

Une élévation du niveau de la mer

Une accélération de la vitesse de rotation provoquerait l’accumulation de l’eau des océans au niveau de l’équateur. En seulement quelques jours, une accélération de 1,61 kilomètre par heure augmenterait de quelques centimètres le niveau de l’océan.

Avec une hausse de l’accélération de 161 kilomètres par heure, des régions de l’équateur telles que le bassin amazonien, la partie nord de l’Australie ainsi que les îles de la région équatoriale se retrouveraient toutes sous l’eau, à environ 9 à 20 mètres de profondeur.

Avec une augmentation de 1 610 kilomètres par heure, la force centrifuge attirerait une grande quantité d’eau vers l’équateur. L’eau proviendrait alors des régions polaires où la force centrifuge serait plus faible.

Selon Fraczek, tout ce qui se trouve dans la région équatoriale serait ainsi recouvert d’eau sauf les hautes montagnes comme le Kilimandjaro et les hauts sommets des Andes. D’autre part, la gravité aurait moins d’effet sur l’eau de l’équateur et l’air serait beaucoup plus humide.

A 27 359 kilomètres par heure, la force de gravité et la force centrifuge au niveau de l’équateur seraient égales. D’après Fraczek, à ce stade, les gouttelettes d’eau commenceraient à monter dans l’atmosphère et la Terre tournerait 17 fois plus vite. Il deviendrait alors impossible de vivre dans la région équatoriale et les quelques humains restants devraient tous migrer vers les régions polaires ou aux latitudes moyennes.

Une perte de poids pour tout le monde

Selon Sten Odenwald, astronome au sein de la NASA, une augmentation de la vitesse de rotation de la Terre pourrait stimuler la force centrifuge. Actuellement, une personne qui pèse environ 68 kilogrammes dans le cercle polaire pèse 67,5 kilogrammes à l’équateur. Cela s’explique par la présence d’une force centrifuge supplémentaire produite au niveau de l’équateur où la vitesse de rotation est beaucoup plus rapide.

Odenwald estime qu’avec une vitesse de 28 390 kilomètres par heure au niveau de l’équateur, on pourrait tous se retrouver en apesanteur.

Un changement de la durée de la journée

Une augmentation de la vitesse de rotation de la Terre engendrerait aussi un raccourcissement de la journée.

Pour une hausse de 1,61 kilomètre par heure, la journée serait raccourcie de seulement une minute et demie. Par contre, avec une augmentation de 160 kilomètres par heure, une journée atteindrait les 22 heures.

Une accélération subite aurait en outre un effet désastreux sur notre santé et il faudrait reculer sa montre de deux heures tous les jours. Il y aurait également des répercussions sur les plantes et les animaux.

Par contre, si le changement se faisait progressivement pendant des millions d’années, les êtres vivants auraient le temps de s’y adapter.

Des tremblements de terre terribles

A des vitesses très élevées, c’est-à-dire environ 38 624 kilomètres par heure, et après des milliers d’années, la croûte de la Terre finirait par être affectée. Elle s’aplatirait alors au niveau des pôles et gonflerait au niveau de l’équateur.

Selon Fraczek, cela provoquerait des tremblements de terre terribles puisque les plaques tectoniques bougeraient rapidement.

Les ouragans seraient plus puissants

Si la Terre ne tournait pas, les vents provenant du Pôle Nord souffleraient en ligne droite vers l’équateur et vice versa. Mais avec la rotation, ces vents sont déviés vers l’Est, et ce phénomène de déviation est appelé « effet Coriolis ». C’est ce qui permet à un ouragan de tourner.

D’après Odenwald, si la Terre tournait plus rapidement, les rotations seraient beaucoup plus sévères puisque les vents seraient déviés plus à l’Est. Par conséquent, les ouragans seraient beaucoup plus puissants.

Même si tous ces phénomènes semblent très inquiétants, Odenwald a expliqué qu’il n’y a pas moyen que la Terre puisse tourner de manière aussi spectaculaire. L’on sait qu’il est plus probable pour la vitesse de rotation de la Terre de ralentir que d’accélérer dans le futur. En effet, depuis la formation de la Lune, la vitesse aurait ralenti de 6,12 kilomètres par heure tous les 10 millions d’années, notamment à cause de l’attraction gravitationnelle que la Lune exerce sur la planète.