Quelles sont ces bactéries génératrices d’électricité dans nos intestins ?

On sait depuis des années qu’il existe des bactéries dites « électrogènes » notamment celles qui vivent au fond des lacs. Une équipe de chercheurs de l’université de Californie à Berkeley a découvert l’année dernière que les bactéries se trouvant dans les intestins humains peuvent en produire aussi, mais « sous certaines conditions. »

La découverte est encore trop récente pour tirer des conclusions définitives. Pour l’heure, l’hypothèse la plus probable est que les bactéries ont besoin de générer de l’énergie pour survivre. La question est de savoir pourquoi elles produisent de l’électricité alors qu’elles peuvent vivre de l’oxygène.

L’équipe de recherche suppose que les bactéries génèrent de l’électricité essentiellement quand elles se retrouvent dans des conditions de faible oxygénation. De nouvelles recherches sur le sujet permettront peut-être de percer le secret des bactéries électrogènes.

Des bactéries « mutées »

Tous les êtres vivants doivent s’adapter à leur environnement. Lorsque celui-ci devient moins hospitalier, certains gènes subissent des modifications. Concernant les bactéries électrogènes, les scientifiques sont à la recherche des gènes qui sont soit manquants soit altérés. L’équipe pense que ce sont ces gènes qui sont à l’origine de la production d’électricité.

L’explication provisoire est l’éventuelle faible teneur en oxygène dans l’intestin. Cela fait écho à la théorie de l’évolution darwinienne. Même si celle-ci a ses limites, elle pose comme principe un postulat important : les espèces qui survivent ne sont ni les plus fortes ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux. Cela peut aussi s’appliquer à la microbiologie.

Des bactéries potentiellement dangereuses

Daniel Portnoy, le directeur de l’étude et son équipe se penchent essentiellement sur la listeria monocytogenes. Cette bactérie est parfois à l’origine d’infections redoutées notamment la listériose. Il s’agit d’une intoxication alimentaire éventuellement fatale pour les personnes dont le système immunitaire est vulnérable, mais également pour les femmes enceintes ou les personnes âgées.

Les scientifiques cherchent, outre les gènes générateurs de courant, les protéines qui interviennent nécessairement dans ce processus. Ils découvrent pour l’heure que la listeria monocytogenes produit facilement de l’électricité, ce qui veut dire qu’elle est particulièrement résistante.

Cette découverte permettra sans doute aux chercheurs en pharmacologie, en virologie ou encore aux nutritionnistes d’adapter leur angle de recherches.