Rassurez-vous, les accélérateurs de particules ne devraient pas être en mesure de détruire la Terre

Suite à la sortie du livre de Martin Rees intitulé On The Future : Perspectives for Humanity ou « Sur l’avenir : des perspectives pour l’humanité » (Princeton University Press, 2018), de nombreux médias ont alerté sur le danger des accélérateurs de particules.

En effet, l’auteur et cosmologiste britannique de renommée y a consacré quelques lignes sur les probabilités que ces phénomènes puissent anéantir la planète Terre.

Sauver Terre

Dans une récente interview, Rees a affirmé que le Grand collisionneur d’hadrons ne devrait pas être la priorité de nos inquiétudes. Pour lui, les phénomènes naturels sont maitrisables, car ils sont prévisibles.

Cependant, c’est quand l’être humain intervient que les choses deviennent plus compliquées. Les actions humaines prennent parfois des tournures inattendues.

Selon l’expert, la nature réalise déjà des expériences à grande échelle sur la collision entre les accélérateurs de particules. Jusqu’ici, aucun impact grave, comme un espace de déchirement, n’a été enregistré.

La technologie représenterait une menace beaucoup plus réaliste

« Les enjeux sont très importants en ce siècle », a déclaré le cosmologiste britannique. « C’est le premier siècle où les êtres humains… peuvent déterminer l’avenir de la planète. »

L’hypothèse avancée dans le livre est que, si les choses tournent mal, les accélérateurs de particules qui bloquent les particules subatomiques ensemble à des vitesses immenses pourraient réduire la Terre en une sphère dense ou en un trou noir.

« Ce n’est pas stupide de penser à ces choses, mais d’un autre côté, ce ne sont pas des soucis sérieux », a-t-il affirmé. Au contraire, « si vous faites quelque chose qui ne vous laisse pas guider par la nature, alors vous devez être un peu plus prudent. » Pour lui, la mauvaise utilisation de la technologie représente une menace beaucoup plus réaliste.

L’intelligence artificielle ne sera probablement pas dangereuse

Le scientifique semble craindre, plus sérieusement, des scénarios liés à la modification génétique et au réchauffement climatique. « Si vous bricolez avec un virus, vous ne pouvez bien sûr pas savoir exactement quelles en seront les conséquences », a-t-il déclaré. « Il se peut que vous puissiez créer une forme de virus qui ne soit pas née de mutations naturelles. »

« Et il est beaucoup plus facile de résoudre les problèmes du monde, par exemple en luttant contre le changement climatique, qu’en emballant nos affaires et en nous dirigeant vers une nouvelle planète », a souligné l’expert, en référence aux projets de migration vers d’autres planètes. « C’est une illusion dangereuse de penser que nous pouvons échapper aux problèmes du monde en nous rendant sur Mars », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, penser que l’Intelligence Artificielle pourrait réduire la race humaine à néant relèverait d’une conception trop anthropomorphique des machines. Il a expliqué que l’électronique « n’est pas engagée dans une lutte pour la survie comme dans la sélection darwinienne, il n’y a donc aucune raison pour qu’elle soit agressive ».

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