Réchauffement climatique : les récifs de la Grande Barrière de corail de nouveau menacés

La Grande Barrière de Corail, située au large de l’État du Queensland, en Australie, est sur le point de subir une nouvelle dégradation majeure. D’après les scientifiques, ce nouveau blanchiment de masse devrait provoquer plus de dégâts que l’événement survenu en 2016 — 2017.

Pour rappel, le blanchissement de masse de 2016 — 2017 a détérioré près d’un tiers des 3 800 récifs composant la Grande Barrière. Les pires dégradations ont été enregistrées au nord de l’écosystème.

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D’après une déclaration de Mark Eakin, coordinateur du programme Coral Reef Watch de la NOAA, le blanchissement des coraux de la Grande Barrière est déjà confirmé par les experts. Il estime alors que ce nouveau dépérissement sera plus dévastateur et touchera tout le récif du nord au sud.

Un événement qui risque de se reproduire

Le blanchissement du corail est un phénomène qui se produit lorsque l’écosystème est exposé trop longtemps à des températures trop élevées. Dans de telles conditions, les coraux blanchissent en rejetant les algues qui leur apportent leurs nutriments et finissent par mourir de faim.

Lors de ces dernières semaines, le récif corallien a subi des températures oscillant à plus de 1 °C de la normale et se rapproche dangereusement du seuil de basculement critique. Selon Eakin, une large proportion de l’écosystème a déjà atteint 8 Degree Heating Week, soit le seuil auquel le blanchiment généralisé de la Grande Barrière sera observé.

D’après Terry Hugues de l’Université James Cook, les prévisions de blanchissement du NOAA sont « dévastatrices ». Il estime alors que le pic de l’événement aura lieu vers la fin du mois de mars et prévoit d’y effectuer des relevés aériens pour évaluer la gravité des dégâts.

Le changement climatique pointé du doigt

Les chocs thermiques que subissent actuellement les coraux de la Grande Barrière sont majoritairement dus au changement climatique. Les données climatiques indiquent que depuis 1990, les températures de mars dans la zone entourant la Grande Barrière sont plus élevées que la moyenne. Ce qui favoriserait, selon une étude d’avril 2016, l’apparition de vague de chaleur dans cette zone.

Au niveau mondial, une étude de 2016 sur la température a révélé que 96 % des récifs coralliens dans le monde ont connu un réchauffement depuis 1985 et que 60 % de ces récifs ont subi une hausse significative. Une autre étude publiée en 2018 atteste que la fréquence des blanchiments de coraux a quintuplé depuis 1980.

L’apparition des 3 événements majeurs de blanchissement de corail entre 2016 et 2020 devrait donc alarmer sur l’existence d’un risque bien réel pour l’écosystème aquatique mondial.