Réchauffement : Le décollage des avions sera plus difficile

Le réchauffement climatique est un sujet de préoccupation majeur et ses conséquences se remarquent chaque jour dans le monde. Une nouvelle étude de l’Université de Columbia révèle les effets néfastes qu’il pourrait avoir sur les décollages des avions.

Récemment, une vague de fortes chaleurs dans l’Arizona a conduit à l’annulation d’une quarantaine de vols. La chaleur impacte tout, y compris les avions et leur phase de décollage.

Ils devront s’alléger au fil des années s’ils veulent continuer à décoller sans encombre lors des heures les plus chaudes de la journée.

Des avions toujours plus lourds et une chaleur toujours plus forte

En chauffant, l’air perd en densité. Dans un air moins dense, les ailes des avions perdent de la portance, explique un communiqué de l’étude menée par Ethan Coffel, un doctorant de l’Université new-yorkaise avec le climatologue Radley Horton.

La portance est la force (la pression) qui permet à l’avion de s’élever et de se maintenir en altitude. Les fortes chaleurs diminuent ainsi la facilité de l’appareil à décoller. D’autant que les avions grandissent sans cesse avec le temps et sont toujours plus lourds. Pour exemple, un A380 peut peser jusqu’à 575 tonnes au décollage, un Boeing 777 351 tonnes et la masse d’un ATR72 peut déjà grimper à 23 tonnes.

L’unique solution pour l’heure consiste à alléger l’avion, si l’on ne veut pas en reporter le départ. Cela peut se faire en réduisant la quantité de carburant embarqué (ce qui amènerait à des ravitaillements plus fréquents), le fret ou le nombre de passagers à bord. Mais cela conduirait logiquement à des pertes financières pour les compagnies.

Les nouvelles technologies réduisent déjà les poids des aéronefs, notamment grâce à l’utilisation de matériaux composites. Les aménagements intérieurs, comme les sièges par exemple, sont conçus pour être toujours plus légers. Même le revêtement d’un appareil peut jouer sur son poids total selon le type de peinture utilisée.

La solution envisagée consiste à réduire la masse au décollage

Selon l’étude, le réchauffement et la multiplication de la fréquence des vagues de chaleur comme celle qu’a connue Phoenix pourraient causer des désagréments à environ 10 à 30% des avions en service chargés au maximum lors des heures où la température est la plus élevée.

« La plupart des études se concentraient jusqu’ici sur l’impact de l’aviation sur le réchauffement climatique, et non l’inverse » précise Radley Horton. Cette étude met l’accent sur « les risques inexplorés du changement climatique sur l’aviation » et « le potentiel substantiel pour des effets en cascades, économiques ou autres ».

Les effets pourront logiquement varier selon le type d’avion, sa masse, la région du monde, et la piste utilisée. Les aéroports dont les pistes sont les plus courtes comme celui de LaGuardia à New York, ou ceux dont les températures sont extrêmement élevées, comme à Dubaï, seront les premiers touchés, si ce n’est qu’ils peuvent déjà être concernés.

Quant aux aéroports des régions plus tempérées (pour combien de temps encore ?) ou dotés de pistes suffisamment longues, ils devraient être bien moins affectés. C’est le cas de l’aéroport Heathrow à Londres, JFK à New York, ou Charles-de-Gaulle à Paris. Des aéroports très fréquentés, pouvant accueillir de ce fait de très gros porteurs et disposant ainsi de pistes plus longues (4 kilomètres en moyenne contre 2 pour des aéroports de moindre importance).

Nous ne sommes qu’au début de la bataille contre le réchauffement climatique, mais nous ne sommes également qu’au début des connaissances sur sa multitude d’effets néfastes. Nul doute que d’autres études de ce genre verront le jour à l’avenir, conjointement à une lutte amplifiée et une écologie améliorée.