Reconnaissance faciale et polémiques : Microsoft se sépare d’AnyVision

Suite à l’accusation de militants des droits de l’homme à l’encontre d’AnyVision, Microsoft a décidé de se désengager de la startup israélienne. La firme retire son financement pour cause de violation de l’engagement du portefeuille financier  sur l’utilisation éthique de la reconnaissance faciale.

AnyVision a en effet été accusée d’avoir participé à un programme de surveillance de la Cisjordanie orchestré par le gouvernement israélien. L’accusation fait suite à une enquête du procureur général américain Éric Holder sur le rapport entre la jeune pousse et Israël. Le résultat a ensuite été révélé par NBC News.

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La multinationale californienne a dévoilé le retrait de ses fonds de la startup israélienne le 27 mars dernier. Soit, à peine quelques mois après y avoir investi pas moins de 74 millions de dollars.

Une technologie de plus en plus controversée

Le cas de Clearview Al se trouve être l’élément précurseur de la controverse. L’entreprise de reconnaissance faciale qui exploite des milliards de photos extraites des réseaux sociaux a, paraît-il, partagé sa base de données avec différentes compagnies privées, et ce à l’insu des utilisateurs.

Cette polémique a poussé les politiciens à s’intéresser de plus près à toutes les entreprises œuvrant dans ce secteur.

D’autre part, rappelons qu’en janvier 2020, Facebook avait écopé d’une amende de 550 millions de dollars à cause d’un recours collectif sur l’usage de sa techno de reconnaissance faciale sans en avoir clairement informé les utilisateurs. Sur ce point, le PDG de Google a affirmé en 2018 qu’il serait plus justifié d’interdire temporairement la technologie puisqu’il n’existe pas encore de réglementation stricte sur le sujet.

Le géant Google a alors décidé de bannir, du moins pour le moment, le recours à cette technologie. Malgré cette disposition, le doute persiste auprès des militants des droits de l’Homme qui craignent une surexploitation des données des utilisateurs à des fins peu respectables.

Vers une nouvelle politique d’investissement

Microsoft a profité de cette rupture pour apporter un changement radical dans sa politique d’investissement.

La multinationale a en effet déclaré la fin de toute forme de financement dans des entreprises de reconnaissance faciale. La firme californienne affirme que de tels investissements ne permettent pas d’assurer un niveau de supervision et de contrôle suffisant. Microsoft concentrera donc désormais ses efforts financiers autour des relations commerciales.

A noter toutefois que malgré son désengagement total envers AnyVision, Microsoft possède toujours sa propre technologie faciale dans sa plateforme cloud Azure. La société s’est voulue rassurante en déclarant qu’elle ne vendrait jamais la reconnaissance faciale à des fins de surveillance.

Son directeur juridique, Brad Smith, a affirmé que l’accès aux données par les forces est également interdit, car cela constituerait une violation des droits civiques et des droits de l’Homme.

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