Réduire les rayonnements et la température du soleil pour sauver la planète ?

Quelle bien étrange idée que celle proposée par une équipe de géophysiciens des universités de Yale et Harvard ! Les chercheurs suggèrent de modifier la composition de la stratosphère, la couche atmosphérique qui s’étend à environ 10 à 50 kilomètres au-dessus de la surface terrestre, dans le but de stopper le réchauffement climatique.

Dans le cadre d’un projet baptisé SCoPEx pour « Expérience de perturbation contrôlée stratosphérique, » les scientifiques proposent de diffuser des particules de carbonate de calcium dans la stratosphère afin de faire artificiellement baisser la température de la planète.

Des rapports ont été publiés la semaine dernière dans la revue scientifique Environmental Research Letters afin de présenter et expliquer le projet SCoPEx en détail.

En quoi consiste le projet SCoPEx ?

SCoPEx est une expérience qui suggère que l’injection d’« aérosols stratosphériques » permettrait d’atténuer la lumière du soleil et réduire ainsi les températures. Le but est de réduire les gaz à effet de serre et lutter contre le réchauffement climatique.

L’idée est venue aux géophysiciens alors qu’ils étudiaient l’éruption du Mont Pinatubo aux Philippines (1991). L’éruption volcanique a envoyé près de 20 millions de tonnes de dioxyde de soufre dans la stratosphère. Le résultat a donné lieu à une espèce de brouillard de particules de sulfate qui a fait baisser la température de la Terre d’environ 0,5 °C pendant 18 mois.

Les premiers tests seront menés en 2019

Les scientifiques de Yale et Harvard comptent rapidement passer à la vitesse supérieure avec leur projet SCoPEx. Des tests à grande échelle sont prévus pour l’année prochaine. La première phase prévoit notamment de lancer un ballon dirigeable à environ 20 kilomètres au-dessus du sud-ouest des États-Unis dès le premier semestre de 2019.

Avant d’effectuer de véritables tests dans la stratosphère, plusieurs expériences seront d’abord menées en laboratoire. Un comité consultatif a également été mis en place dans le but d’examiner minutieusement chaque détail du projet et prévenir tous les éventuels problèmes.

Le but est de rassurer les esprits car les défenseurs de l’environnement restent très sceptiques quant aux réels bénéfices d’une telle expérience sur l’écosystème terrestre. On en saura davantage sur la viabilité de ce projet à l’issue des tests de l’année prochaine.