Rembrandt : deux empreintes digitales retrouvées sur une de ses peintures

Deux empreintes digitales ont été retrouvées sur une peinture à l’huile de Rembrandt Harmenszoon van Rijn, lors d’une exposition au musée du Louvre. Elles ont été repérées et analysées pour la première fois, en 2011, par Michel van de Laar et le scientifique Arie Wallert.

George Gordon, co-président d’Old Masters chez Sotheby, a expliqué que les empreintes ont été découvertes lors de l’examen et de la restauration du croquis.

Rembrandt

Ce chef d’œuvre, qui s’intitule « étude de la tête et des mains jointes d’un jeune homme comme le Christ en prière », sera vendu aux enchères, le mois prochain, à Londres. Préservé pendant plusieurs décennies dans une collection privée, il est actuellement estimé à environ six millions de livres sterling.

Créée vers 1655, c’est l’une des sept esquisses à l’huile de l’artiste ayant traversé le temps. Elle représente un homme ressemblant au Christ. Le modèle serait un jeune homme juif de l’époque qui vivait à Amsterdam.

Des preuves de la rapidité de l’artiste ?

Le conservateur, Michel van de Laar, a expliqué que « les empreintes digitales témoignent probablement de la rapidité avec laquelle le travail a été exécuté et fournit, un nouvel aperçu de la technique de peinture complexe, mais rapide de Rembrandt ».

Le tableau aurait été réalisé en une seule séance. Ce qui signifie que « des couleurs et des couches supplémentaires [ont été] appliquées rapidement avant que la sous-couche ne sèche. La méthode nécessite l’habilité du peintre et, est susceptible de bavures», a-t-il expliqué. Une fois le croquis terminé, le peintre aurait déplacé le panneau de chêne alors qu’il était encore humide. Il aurait ainsi laissé ses deux empreintes le long du bord inférieur du tableau.

Il serait aussi probable ce peintre hollandais ait dessiné un jeune homme avec « les mains jointes » en même temps que la peinture de « terre brûlée » et de « vermillon ». Suivant cette logique, il l’aurait appliquée, couche après couche, empilant davantage de pigment avant même que la sous-couche ne sèche.

Les empreintes de l’artiste attirent plus l’attention 

« Maintenant, les empreintes de l’artiste attirent plus l’attention », a affirmé George Gordon. « Les experts ne sont pas sûrs à cent pour cent que ces dernières sont à Rembrandt. En tout cas, ils appartiennent à quelqu’un qui a ramassé le tableau dès qu’il a été fini. Ces marques dans la couche de peinture d’origine rendent le lien avec artiste plus crédible ».

Rembrandt semble avoir utilisé le même modèle à plusieurs reprises, même si des experts se demandent si elles ont toutes été réalisées par lui. Jusqu’ici, beaucoup contestent l’authenticité de ses œuvres.

Le commissaire-priseur Sotheby’s a l’intention de vendre le portrait de Rembrandt avec les empreintes digitales préservées dans la peinture, à plus de sept millions de dollars.

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