Réparer la rétine humaine grâce à celle des poissons zèbre

La rétine des poissons-zèbre possède la capacité exceptionnelle de pouvoir se générer en quelques semaines. Depuis que les scientifiques s’en sont rendu compte, les recherches se sont multipliées. Dernièrement, une équipe du laboratoire de l’université de Vanderbilt a déclaré avoir fait une avancée significative concernant le sujet. Ils auraient notamment identifié le signal responsable de cette miraculeuse régénération.

Les résultats de leurs travaux ont été présentés dans la revue Stem Cell Reports. Ils estiment qu’il serait bientôt possible de résoudre la DMLA d’un œil humain en s’inspirant de ce processus d’autoréparation. La DMLA est un phénomène de dégénérescence, à l’exemple de la rétinite pigmentaire.

Poisson Zébre

Les yeux de l’homme et ceux du poisson présentent des structures presque similaires. Néanmoins, les biologistes devront encore tester leur théorie sur des humains.

Les cellules de Müller

La rétine humaine et celle du poisson-zèbre sont très fines. Elles n’ont que 0,5 millimètre d’épaisseur. Par ailleurs, elles ont les mêmes structures cellulaires. Elles sont constituées de cellules photoréceptrices qui reconnaissent la lumière. Le transfert des données vers le cerveau est assuré par une couche de cellules ganglionnaires.

La quatrième couche de cellules nerveuses serait responsable de la régénération. Ces cellules gliales sont appelées cellules de Müller. Elles ont initialement pour rôle de garantir la fonction mécanique et électrique de la rétine. Chez le poisson-zèbre, cette couche est capable de provoquer naturellement une reconstitution de la rétine en vingt-huit jours.

Le neurotransmetteur GABA

Les biologistes ont constaté un phénomène présent chez la rétine du poisson, mais qui est absent chez celle de l’homme. Il s’agit de la différenciation. Ce phénomène implique que les cellules de Müller redeviennent non spécialisées et prolifèrent. Elles se transforment ensuite en cellules nerveuses qui remplaceront celles qui ont été abîmées.

Le déclenchement de ce processus serait lié à un inhibiteur du système nerveux central appelé GABA (gamma butyric amino acid). Lorsque les biologistes ont injecté des substances qui augmentent la concentration en GABA dans l’œil, la régénération n’était plus possible. À l’inverse, l’injection de GABA a accentué la différenciation et la régénération. C’est cette même pratique qu’il va falloir essayer sur l’homme.

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