Voici le Ferromirum oukherbouchi, un requin du Dévonien assez singulier

Les paléontologues ont récemment réalisé une prodigieuse découverte en mettant la main sur des fragments de squelettes de requin symoriiforme (un groupe de requins dotés de nageoires bizarres et morphologiquement étranges) particulièrement bien préservés.

Si trouver des fossiles de requins relève déjà d’un grand coup de bol, étant donné la rapide décomposition du cartilage qui constitue leurs squelettes, cette trouvaille est d’autant plus fabuleuse puisque ce spécimen unique a été parfaitement bien conservé.

Crédits Pixabay

La nouvelle espèce, baptisée Ferromirum oukherbouchi, a vécu dans les océans durant le Dévonien, c’est-à-dire il y a environ 365 millions d’années avant notre époque. Et pour information, les fossiles ont été retrouvés au Maroc, mais les analyses ont été réalisées à l’Institut paléontologique et au musée de l’Université de Zurich (en Suisse) par le Dr Christian Klug et ses collègues.

Un requin doté des grands yeux et d’une mâchoire unique en son genre

Selon les paléontologues, le Ferromirum oukherbouchi mesurait 33 cm de long, une taille  assez modeste, mais qui était la véritable mensuration des premiers requins au Dévonien. Ce spécimen était pourvu de grands yeux et chose étrange, sa mâchoire inférieure n’était pas fusionnée au milieu.

Cette morphologie particulière de la mâchoire le rendait d’ailleurs capable de happer plus facilement ses proies en quelques mouvements, puisque les deux parties de sa mâchoire inférieure étaient disposées de manière à pivoter automatiquement vers l’extérieur lorsque la bouche s’ouvre ou vers l’intérieur quand l’animal gobait sa proie.

Cette conformation singulière permettait en outre un mouvement de rotation grâce auquel le Ferromirum oukherbouchi pouvait carrément aspirer sa proie.

Une configuration particulière finalement abandonnée par Mère Nature

Cette configuration mandibulaire vraiment étrange n’est plus retrouvée chez les chondrichtyens actuels (requins, raies, chimères…). En effet, avec le temps, les différentes parties de la mâchoire inférieure ont fusionné chez les requins et les raies modernes,  et les dents qui sont disposées rangées après rangées sont facilement visibles dès qu’ils ouvrent leurs bouches.

Néanmoins, les chercheurs pensent que ce type d’articulation a joué un rôle important à l’époque paléozoïque, faisant des Ferromirum oukherbouchi , ces étranges petits prédateurs du Dévonien, de remarquables chasseurs craints dans les fonds marins où ils évoluaient en toute quiétude avec leurs grands yeux.

Reconstruction du Ferromirum oukerbouchi. Crédits Frey et al.