Restriction des approvisionnements ASML : Des tensions naissent entre la Chine et les Pays-Bas

ASML est une entreprise basée à Veldhoven, aux Pays-Bas. C’est l’un des leaders mondiaux de fabrication de machines pour l’industrie des semi-conducteurs. Toutefois, Reuters a récemment rapporté que les Pays-Bas ont refusé la licence nécessaire à ASML pour exporter ses nouvelles machines en Chine. Ce refus de licence serait dû à la pression exercée par le gouvernement américain.

Pourtant, la Chine a investi des milliards pour développer son industrie naissante de semi-conducteurs et il se trouve qu’ASML est justement l’une des plus grandes entreprises de lithographie aux Pays-Bas. Ses équipements sont ainsi d’une importance capitale dans la fabrication de puces informatiques et la Chine ne peut s’en passer si elle souhaite que ses fabricants de puces  puissent concurrencer les meilleurs fabricants de puces de Taiwan, de la Corée du Sud et des États-Unis.

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La Chine et les Pays-Bas font ainsi face à un gros problème et l’ambassadeur de Pékin aux Pays-Bas, Xu Hong, a prévenu le mois dernier que les relations commerciales entre les deux pays seront compromises si cette restriction des approvisionnements ASML n’était pas levée au plus vite.

La Chine lance un avertissement aux Pays-Bas

Le même jour, une porte-parole de l’ambassade de Chine a confirmé que l’ambassadeur Xu Hong a accordé une interview au quotidien économique et financier néerlandais Het Financieele Dagblad. Durant cette interview, Xu Hong a déclaré :

Nous craignons que les Pays-Bas politisent nos relations commerciales sous la pression américaine. Si ce mouvement se poursuit, il affectera naturellement les relations bilatérales.

L’ambassadeur a également rappelé que la Chine était un marché d’exportation important pour les Pays-Bas. Rien qu’en 2018, les Pays-Bas ont importé des produits chinois d’une valeur de 39,2 milliards d’euros dont deux tiers ont été exportés vers d’autres pays.

Le caractère potentiellement militaire des équipements ASML complique la donne

De son côté, ASML a déclaré qu’elle était dans l’incapacité d’expédier ses dernières machines sans obtenir une licence, car elles font partie des biens dits à « double usage ». En d’autres termes, elles pourraient être potentiellement utilisées à des fins militaires. Toutefois, l’entreprise a aussi annoncé qu’une demande d’exportation était en cours.

Or, le Premier ministre des Pays-Bas, Mark Rutte, a déclaré le vendredi 10 janvier 2020 que le gouvernement traitait les demandes d’exportation de biens à double usage au cas par cas et qu’il ne ferait aucun commentaire sur un cas spécifique.

Irene Gerritsen, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a également écrit dans un communiqué envoyé par courriel que « lorsqu’il décide de délivrer ou non une licence d’exportation, le gouvernement néerlandais pèse à la fois les intérêts économiques et sécuritaires ».

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