Retard de langage : smartphone et tablette pointés du doigt

Une nouvelle étude présentée lors de la réunion des Pediatric Academic Societies 2017 affirme que les tablettes et autres écrans connectés pourraient provoquer des retards de langage chez l’enfant, et ce, dès leur plus jeune âge.

Cette étude canadienne s’est portée sur 894 enfants âgés de six mois à deux ans et confirme les inquiétudes des médecins quant aux effets indésirables des nouvelles technologies sur les enfants.

Pour la première fois, elle établit clairement le lien entre temps passé devant les écrans et risque croissant de troubles du langage.

L’hyper présence des écrans auprès des enfants

Les nouvelles technologies sont partout, et ont connu un développement rapide et incroyablement étendu. Elles transforment chaque jour notre monde, nos habitudes de vie et nos utilisations.

Il n’est plus rare de voir un enfant en bas âge utiliser un smartphone ou une tablette sans aucun souci, et sans même encore parler. Ou le porter à l’oreille spontanément. Bien sûr, il n’envoie pas de mail ou ne mise pas en bourse grâce à ces plateformes, mais il sait naviguer dans les menus, ouvrir Facebook, un jeu et… jouer. Il faut dire que l’ergonomie a tellement été simplifiée qu’on pourrait penser qu’elle est devenue instinctive, innée.

Le problème concernant le retard de langage a été soulevé à plusieurs reprises, notamment en 2015 dans une édition du Monde à travers laquelle plusieurs spécialistes de l’enfance évoquaient le risque de troubles de l’attention, du langage et de la socialisation chez les jeunes enfants.

894 enfants ont ici pris part à une nouvelle étude qui demandait aux parents de quantifier combien de temps passaient les tout-petits devant leurs appareils. Le résultat démontre que 20% d’entre eux utilisaient tablette et smartphone 28 minutes par jour en moyenne.

Selon les scientifiques, plus un enfant passe de temps devant les écrans, plus le risque de retards du langage augmente. Un risque croissant de 49% à chaque demi-heure passée sur ces « jouets » connectés.

Les effets indésirables de l’évolution high-tech

Des chiffres inquiétants qui ne sont au final pas étonnants. Comme le redit le docteur Catherine Birken, « les appareils portables sont partout de nos jours ». Le fait que les enfants soient attirés dès le plus jeune âge vers ces écrans n’a rien de surprenant, au vu de leur hyper disponibilité autour d’eux. Et le risque général est également élevé quand on sait tout le contenu inadapté qu’il pourrait rencontrer rien qu’en ouvrant Facebook.

Mais la responsabilité incombe aux parents de surveiller le temps passé par les (très) jeunes enfants devant les écrans pour éviter les risques néfastes sur leur développement. L’étude confirme les recommandations de l’Académie américaine de pédiatrie qui déconseillent toute exposition aux écrans avant l’âge de 18 mois.

Cette étude fait un écho à un autre bilan qui révélait que l’apprentissage du langage via des supports numériques pouvait nuire au vocabulaire de l’enfant. Toutes ces méthodes ludiques et attirantes sur écrans seraient bien moins efficaces que les bonnes vieilles méthodes traditionnelles, à savoir parler à l’enfant, lui faire répéter de nouveaux mots…

Pour autant, les nouvelles technologies ne sont pas à bannir. D’ailleurs, est-ce concrètement réalisable ? Le principal est d’avoir conscience des risques qu’elles peuvent induire, et de gérer avec parcimonie le temps que passent les tout-petits sur les tablettes, smartphones, ou télévisions.

Si vous souhaitez avoir plus d’informations ou de conseils sur le rapport entre l’enfant et les nouvelles technologies, vous trouverez ici des articles et des affiches sur le sujet.

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