Retour d’expérience : participer à une campagne de crowdfunding

Le crowdfunding est très à la mode depuis deux-trois ans, et il se développe de plus en plus. Il faut dire que cela permet à quiconque disposant d’une bonne idée de la concrétiser, sans en avoir les moyens financiers autrement.

C’est attractif pour les entreprises, surtout pour les start-ups. Mais, du côté de l’utilisateur qui participe à ces campagnes, ce n’est pas sans risque, et tout le monde n’est pas prêt à donner à cause de ça. C’est pourquoi, après avoir participé à différentes campagnes, j’ai décidé de vous faire part de ma propre expérience.

Crowdfunding

Le crowdfunding, une pratique qui n’est pas aussi risquée qu’elle n’y paraît

Un peu pour rassurer en somme : oui, les arnaques existent, mais elles sont loin d’être le cas général, et les plate-formes font tout pour nous en protéger.

Crowdfunding ? Financement participatif ?

Histoire que tout le monde soit au même niveau, commençons par un petit rappel sur la terminologie : qu’est-ce que le crowdfunding ou, une fois traduit, le financement participatif ?

Comme son nom l’indique, il s’agit de financer un projet en s’y mettant à plusieurs. Prenons un projet à 10 000€. Si une seule personne doit sortir cette somme, ça fait beaucoup. Mais si au contraire 1 000 personnes donnent 10€, c’est déjà à la portée de plus de monde, et ça devient plus facile.

C’est l’idée qui se cache derrière Kickstarter, Indiegogo et les autres plate-formes.

Une start-up vient présenter son projet et, s’il plaît aux utilisateurs, ils donnent de l’argent qui permettra de financer ce même projet.

Quels sont les risques ?

On parlait de risques plus haut et, oui, c’est vrai, il y en a, donc il faut bien en parler. Le risque majeur, c’est bien évidemment que votre argent ne serve pas du tout à ce à quoi vous pensiez.

Alors que vous vouliez financer un projet d’ascenseur spatial révolutionnaire, l’initiateur du projet va préférer se payer des vacances, par exemple. Pas cool.

Dans la plupart des cas, les projets auxquels vous participez vous proposent des récompenses. Par exemple, si vous aidez au financement d’un objet connecté, vous pourrez en recevoir un exemplaire en payant moins cher que les utilisateurs finaux, ou même en l’obtenant en avant-première.

C’est plutôt sympa et, ici, le risque est immédiatement visible : ne jamais recevoir l’objet désiré.

Les plate-formes de crowdfunding nous aident

Kickstarter et les autres ne sont pas stupides. Ils savent pertinemment que certains vont tenter de profiter du système. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils font eux-mêmes du tri : si un projet ne semble pas sérieux, ne proposant aucun prototype, ou ne paraissant tout simplement même pas réalisable, il est rejeté.

Autrement dit vous n’avez pas beaucoup de chances de vous faire avoir. D’autant plus que votre argent n’est jamais donné immédiatement.

En effet, imaginons une campagne qui n’atteint pas son but. Par exemple, à la fin d’un certain délai, la campagne n’a réuni que 6 000€ sur 10 000€ nécessaires. Si le projet réclamait cette somme, c’est qu’elle ne pouvait pas faire avec moins, alors que se passe-t-il ? Resto pour toute l’équipe en guise de compensation ? Non.

Lorsque vous décidez de donner sur une plate-forme de crowdfunding, vous ne faites en réalité qu’une promesse de don, qui sera débitée à la fin de la campagne, mais à une seule condition : si le but a été atteint. Autrement dit, si vous donnez 50€ dans une campagne qui échoue, vous ne serez jamais débité et ce sera comme si rien ne s’était jamais passé.

Tout le monde n’est pas un arnaqueur

Une fois que la plate-forme de crowdfunding a donné l’argent récolté à l’initiateur du projet, il est vrai qu’elle ne peut plus faire grand-chose pour vous protéger, et il ne reste que la bonne foi de cet initiateur.

Ainsi, il arrive parfois que des problèmes qui n’avaient pas été prévus surviennent, et fassent que le projet n’est finalement plus possible. Cela a par exemple récemment été le cas pour Matchstick : la clé HDMI sous Firefox OS avait atteint son objectif mais, quelques mois après, on a appris que rien ne se concrétiserait suite à un soucis de DRM.

Que s’est-il passé alors ? Les donateurs ont-ils été floués ? En réalité non, ils ont tous été remboursés (je le sais pour en avoir fait moi-même partie). Bien évidemment, rien n’obligeait réellement ce remboursement. Cependant, s’il n’avait pas eu lieu, une autre campagne de financement n’aurait jamais pu avoir lieu pour les initiateurs du projet, question de réputation.

Peu de risques, et beaucoup de gagnants

Personnellement j’aime bien l’idée du crowdfunding. Il permet de financer des projets qui ne pourraient pas voir le jour autrement. Du côté des entreprises, tout est bon, donc. Et du côté de l’utilisateur, les récompenses vont très souvent au-delà d’une simple satisfaction.

Bien sûr, il y a des risques, mais ils sont finalement relativement minimes, et on se rend souvent compte du sérieux d’un projet rien qu’en lisant sa présentation.

Image : Rocío Lara

Mots-clés crowdfunding