Retour sur l’histoire des faux crânes de cristal

De faux crânes de cristal aztèques figurent dans les collections de certains musées, affirme Boingboing.net. Il se peut qu’ils soient tous l’œuvre d’une seule personne.

Pour certains d’entre nous, l’histoire des crânes de cristal aztèques commence et se termine avec Indiana Jones. D’autres les considèrent comme des objets qui ont des impacts sur la vraie vie. Ces mystérieux crânes posséderaient en effet des pouvoirs curatifs et psychiques. Quoi qu’il en soit, en dépit des films et du battage médiatique qui sévit à la fois sur internet et sur les médias traditionnels, personne n’a réussi jusqu’ici à extraire même un seul crâne d’un site archéologique. Visiblement, les crânes de cristal qui se trouvent actuellement dans certains lieux d’exposition sont donc tous des faux. Les premiers doutes au sujet de leur authenticité ont émergé dans les années 90 lorsqu’une anthropologue du nom de Jane Walsh a commencé à développer des soupçons sur leur origine.

Photo d’Alfred Koop – Pixabay.com

Elle a effectivement pu examiner un soi-disant crâne de cristal aztèque offert par un donateur anonyme à la Smithsonian Institution.

De multiples indices découverts dans les années 90

Walsh savait déjà que les crânes de cristal intéressaient un grand nombre de personnes. Elle était aussi consciente de leur côté flou. En analysant l’artefact livré par le service postal américain à la Smithsonian Institution, elle a découvert de nombreux indices suggérant qu’il s’agissait d’un faux.

« C’était beaucoup trop grand. Les proportions étaient décalées. Les dents et les dépressions circulaires au niveau des tempes n’avaient pas l’air correctes. Dans l’ensemble, il semblait trop arrondi et poli », ont écrit Walsh et Brett Topping dans leur publication intitulée : The Man Who Invented Aztec Crystal Skulls: The Adventures of Eugène Boban, explique le magazine Discover.

Des créations d’Eugène Boban ?

Certains indices se sont confirmés plus tard. Suite à des analyses scientifiques, il a été prouvé que les crânes de cristal avaient été coupés avec des outils rotatifs modernes et étaient fabriqués avec de la roche provenant du Brésil plutôt que du Mexique, ce dernier étant considéré comme le berceau de la civilisation aztèque.

Pour déterminer les véritables origines des artefacts, Walsh a commencé par analyser un crâne de cristal de 2 pouces appartenant à la Smithsonian Institution. Celui-ci était apparemment sorti des collections d’un musée mexicain vers la fin des années 1800. En poussant ses recherches plus loin, elle a découvert un document rédigé dans les années 50 par un géologue du nom de William Foshag.

Le document en question révélait que l’objet était un faux. L’enquête de Foshag avait permis de désigner un suspect potentiel : un Français nommé Eugène Boban. Il s’avère que ce dernier avait tenté de vendre un faux crâne de cristal au musée national du Mexique à la fin du 19e siècle. En 1897, Boban en aurait fourni au British Museum.

Une mise en garde pour les générations futures

À l’époque, les musées avaient du mal à déterminer l’authenticité de certains artefacts. Au lieu d’évoluer dans l’expectative, ils ont préféré faire appel à des spécialistes. Et certains se seraient ainsi tournés vers Boban. Considérant ce dernier comme un expert en matière de crânes de cristal, ces musées se sont donc apparemment trompés de partenaire.

En 1900, le collectionneur français a même fait une déclaration pour mettre en garde les générations futures : « de nombreux crânes précolombiens en cristal ont été si habilement fabriqués qu’ils ont presque défié toute détection. Ils ont été jugés authentiques par les experts de certains des principaux musées d’Europe. »