Retour sur la mystérieuse affaire des lettres de Circleville

Dans les années 1970, la petite ville de Circleville, en Ohio (États-Unis), a été secouée par une affaire sordide. Ses habitants ont mené une vie tranquille et sans souci jusqu’en 1976. C’est à ce moment que la plupart d’entre eux ont commencé à recevoir des lettres étranges, envoyées par un expéditeur anonyme.

Ils étaient loin d’imaginer que cela allait donner lieu à l’une des affaires les plus mystérieuses des États-Unis. Cette histoire s’est déroulée sur fond de mensonges, d’infidélités, de meurtres et de chantage. On peut dire qu’on a là tous les éléments nécessaires pour faire un bon polar.

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Des années plus tard, l’affaire des lettres de Circleville continue de faire parler d’elle et pour cause ! L’auteur de ces lettres n’a jamais été retrouvé.

Des lettres qui ont fait le tour de Circleville

En 1976, la quiétude de Circleville a été troublée par des lettres sinistres envoyées par un expéditeur anonyme qui étaient adressées à plusieurs habitants de la ville.

Ceux qui ont reçu ces lettres ont été troublés par l’exactitude des faits relatés par son auteur qui semblait en savoir beaucoup sur leur vie privée.

Le seul élément qui pouvait fournir des informations sur l’expéditeur était un tampon qui indiquait que la lettre provenait de Columbus. Certains habitants ont reçu des messages angoissants. Néanmoins, ce qu’ils ont vécu n’est rien comparé à ce que Mary Gillipsie, une conductrice de bus scolaire, a enduré.

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Une correspondance dangereuse

D’après les sources qui ont suivi de près cette affaire, l’auteur de ces lettres a décidé de s’acharner en particulier sur Mary Gillipsie. En décembre 1976, cette dernière a reçu une première lettre manuscrite envoyée par un expéditeur anonyme. Le message qu’elle contenait avait de quoi glacer le sang de Mary.

En effet, son auteur l’accusait d’entretenir une relation avec Gordon Massie, le directeur de l’école pour laquelle elle travaillait, alors qu’elle était déjà mariée à Ron Gillipsie. Sur la toile, des photos de cette lettre sont encore disponibles et son contenu est troublant.

« Reste loin de Massie. Ne mens pas quand on te demandera si tu le connais. Je sais où tu habites. J’ai observé ta maison et je sais que tu as des enfants. Ce n’est pas une blague. Prends cela au sérieux. Toutes les personnes concernées ont été prévenues, et tout cela sera bientôt terminé » peut-on lire.

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Une situation qui a empiré

Terrifiée, Mary a dissimulé la lettre qu’elle a reçue et n’en a parlé à personne. Alors qu’elle croyait qu’il ne s’agissait que d’une mauvaise blague et que la situation s’était arrangée, elle a reçu une deuxième lettre qui se faisait plus menaçante.

« Gillipsie, je t’ai donné deux semaines et tu n’as rien fait. Avoue tout et informes-en l’école. Si tu ne le fais pas, je vais diffuser ton histoire sur CBS, à travers des posters et des panneaux d’affichage, jusqu’à ce que la vérité se sache. »

Comme Mary ne s’est pas décidée à révéler sa prétendue infidélité, l’expéditeur anonyme a adressé une lettre à Ron dans laquelle il lui racontait tout. Le message contenait également une menace de mort qui aurait été mise à exécution si Ron ne prévenait pas l’école de la relation qu’entretenaient Mary et Gordon.

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David Longberry, le premier suspect de l’affaire des lettres de Circleville

Pendant plusieurs semaines, Ron et Mary ont tenté de cacher le chantage qu’ils subissaient à leur entourage. Malheureusement, les messages qu’ils recevaient étaient plus menaçants. Ils ont alors été contraints d’en parler à Karen et Paul Freshour, la sœur et le beau-frère de Ron.

Mary leur a fait part de ses soupçons concernant son collègue, David Longberry. Ce dernier lui aurait fait des avances qu’elle a refusées. D’après elle, il aurait pu envoyer ces lettres pour se venger.

Ron a alors envoyé une lettre à David Longberry pour lui dire qu’il avait été démasqué et pour lui demander d’arrêter son harcèlement. Pendant quelque temps, le couple Gillipsie n’a plus reçu de lettre de leur harceleur. Toutefois, après cette brève accalmie, les menaces ont repris de plus belle.

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Une affaire qui s’est soldée par la mort tragique de Ron Gillipsie

Ron et Mary n’ont jamais eu la confirmation que David Longberry était bien l’auteur de ces lettres infâmes. Par la suite, le harceleur a décidé de s’en prendre aux enfants du couple. Le 17 août 2020, les menaces sont montées d’un cran et l’auteur des lettres est allé jusqu’à appeler Ron à son domicile, pendant que Mary était en voyage.

Furieux, Ron s’est emparé de son fusil et est sorti au volant de sa camionnette en expliquant à ses enfants qu’il allait mettre un terme à toute cette histoire. Malheureusement, en cours de route, il a subi un accident qui lui a coûté la vie.

Les sources ont indiqué que sa camionnette s’était écrasée contre un arbre et qu’il était mort sur le coup. Selon Dwight Radcliff, le shérif du comté de Pickaway, Ron aurait conduit en état d’ébriété et avait un taux d’alcoolémie qui était deux fois supérieure à la limite autorisée pour conduire. Il a donc écarté la thèse du meurtre.

Toutefois, les Gillipsie ont réfuté ces déclarations en expliquant que Ron ne buvait que très occasionnellement. Qui plus est, l’analyse du fusil qu’il avait sur lui a révélé qu’il avait tiré un coup de feu peu de temps avant sa mort. Fait étrange : la balle n’a jamais été retrouvée sur les lieux de l’accident.

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Paul Freshour est-il vraiment l’auteur des lettres ?

Après le décès de Ron, Mary a continué à recevoir des lettres. D’après les sources, elle a reçu près de 39 lettres entre 1977 et 1983. En même temps, leur auteur écrivait également aux autres habitants de Circleville.

L’affaire a connu un rebondissement le 7 février 1983, lorsque Mary, qui était au volant de son bus scolaire, a vu sur son chemin un panneau la concernant. Elle est alors descendue de son véhicule pour l’arracher et s’est rendu compte qu’une boîte contenant un pistolet y était accrochée.

Cette arme a permis à la police de remonter jusqu’à Paul Freshour, qui est devenu le suspect principal de l’affaire de Circleville. Ce dernier s’est défendu en expliquant qu’il s’était fait voler son pistolet. Ses déclarations n’ont pas convaincu la police. À l’issue de son procès, Paul Freshour a écopé d’une peine de 7 à 25 ans d’emprisonnement. Il n’a jamais cessé de clamer son innocence, jusqu’à son décès en 2012.

Le plus étonnant, c’est que pendant l’incarcération de Paul dans la prison de Lima, des lettres continuaient de circuler à Circleville. Même Paul en a reçu une en prison. Au final, il a été libéré en 1994, au moment où les lettres ont cessé. Jusqu’à ce jour, on ignore qui en était l’auteur.

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