Retour sur l’île de Bermeja, qui a disparue en 1997

L’île de Bermeja est considérée comme une île fantôme. Elle a disparu de manière inexpliquée du Golf du Mexique. Auparavant, les cartes et les documents historiques la situaient à plus de cent kilomètres au nord de l’État de Yucatan. Ce récif corallien devait appartenir au Mexique depuis le seizième siècle. Les navigateurs craignaient de s’y échouer. L’endroit était réputé pour être dangereux.

L’île servait à définir le partage des eaux territoriales entre le Mexique et les États-Unis. Toutefois, tout a basculé quand les compagnies pétrolières américaines ont découvert, dans les profondeurs du récif, l’un des gisements pétroliers les plus importants du monde.

ile

Crédits Pixabay (image recadrée)

Actuellement, personne ne sait plus où elle se trouve, ou si elle existe encore.

Bermeja a été aperçue sur les cartes comme un simple point dans la mer. Son existence fut attestée par une carte ethnographique du Mexique en 1864. L’ouvrage Islasmexicanas, publié par le Secrétariat à l’Éducation publique, la situait à 22° 33′ N, 91° 22′ O.

Dynamitée par les firmes américaines ?

Dans les années quatre-vingt-dix, les compagnies pétrolières ont découvert l’un des gisements pétroliers les plus importants du monde aux environs du récif. Peu de temps après, un accord entre Clinton et Zedillo confère aux États-Unis 60% de la zone pétrolière découverte. Suite à ce traité, l’ile de Bermeja a complètement disparu de la carte.

Un navire océanographique a été envoyé par le gouvernement mexicain pour vérifier l’existence de l’île. Les coordonnées ont été indiquées par balayage hydroacoustique dans une superficie de 322,5 milles carrés nautiques.

Le capitaine Nestor Yee Amador et son équipage n’ont rien trouvé. Selon leur rapport, le résultat de l’inspection est négatif.

« Cette île servait à délimiter deux zones : une en face de Tamaulipas et du Texas, c’est le polygone occidental, et l’autre en face du Yucatan, La Nouvelle-Orléans et Cuba, le polygone oriental », a expliqué Fabio Barbosa Cano, de l’Institut de recherche économique de l’UNAM. « Le potentiel pétrolier de ces zones est estimé à 22 milliards de barils de brut. La situation géographique de l’île définit la zone pétrolière qui revient à chaque pays ».

Le consensus n’a pas mentionné l’île et l’a gommée de toutes les cartes. Cinq mois avant les réunions discrètes sur le partage, elle n’existait plus. Les documents officiels se sont égarés et les siècles de son existence ne sont plus que de l’histoire ancienne. En effet, l’énorme gisement de Hoyo de Dona n’a jamais fait l’objet de négociations transparentes.

José Angel Conchello, président de la Commission des relations extérieures du Sénat, a demandé des explications au gouvernement. Malheureusement, il trouva la mort dans un accident jamais élucidé. Depuis, les autorités restent évasives sur la question. Certains pensent que l’île aurait tout simplement été dynamitée par les Américains.

Victime d’une erreur cartographique ?

L’île Bermeja aurait alors été victime d’une erreur de cartographie. Celle-ci est fréquente dans l’histoire des explorations avant une vérification sérieuse et définitive. D’après les géographes, il arrive que de petites îles de ce genre disparaissent.

En tout cas, des études scientifiques ont prouvé qu’aucune secousse sismique ne s’est produite dans le secteur depuis plus d’une cinquantaine d’années. En outre, il n’y a pas la moindre trace sous-marine de ce corail dans les environs.

Mots-clés insolite