Revenge Porn : 56 % des coupables ne ressentent aucun remord

Selon une nouvelle étude, une proportion élevée (56 %) des personnes ayant partagé des images intimes d’autrui sans autorisation ne ressentiraient aucun regret par rapport à leur acte. D’autre part, 24 % essaient même de rejeter la faute sur les victimes.

Au cours de leurs recherches, Amy Hasinoff de l’Université du Colorado, Denver, et Sidsel K. Harder, une chercheuse danoise, se sont penchées sur les questions d’abus sexuels et de partages sans consentement d’images. Elles ont examiné les réponses que ceux qui ont été arrêtés pour revenge porn ont données aux policiers par rapport aux actes préjudiciables qu’ils ont commis. L’étude consistait ainsi à déterminer si les coupables étaient conscients ou non de la gravité et des conséquences de leurs méfaits.

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Notons qu’en France, le revenge porn constitue un délit spécifique passible d’une amende de 60 000 euros et d’une peine allant jusqu’à deux ans d’emprisonnement. 

Ce que pensent les coupables

Alors que l’on devrait s’attendre à ce que les condamnés reconnaissent leurs erreurs et admettent leurs fautes, les résultats de l’étude montrent que ce n’est pas toujours le cas puisque parmi les personnes étudiées, près d’un quart ont rejeté la faute sur la victime. Certaines d’entre elles ont même déclaré que les victimes méritaient ce qui leur était arrivé. D’autres ont déclaré que les victimes étaient de mauvaises personnes.

Selon Hasinoff, certaines personnes partagent des images sexuelles d’autrui sans leur avoir demandé la permission afin de causer du tort. Parfois, ces gens le font par « négligence et insouciance » ou parce qu’ils pensent avoir le droit de le faire. Ils pensent aussi que cela n’a aucune importance.

Cependant, près de la moitié (44 %) de ceux qui se sont tournés vers le revenge porn ont quand même éprouvé des remords après avoir causé des préjudices aux victimes. Selon le rapport, ils ont plaidé coupables et semblent avoir honte de ce qu’ils ont fait. D’après leurs explications, leur acte a été poussé par « une colère éprouvée envers les victimes » ou encore par « un besoin de respect de la part de leurs pairs masculins ».

Aider les responsables à accepter leur culpabilité

Les chercheuses ont indiqué que la meilleure façon d’aider les victimes serait que les responsables prennent conscience de leurs actes et acceptent leur culpabilité. La solution n’est pas le fait de qualifier une personne ayant utilisé le revenge porn de « mauvaise personne » et de juste la punir.

Le mieux c’est que le coupable reçoive des conseils pour qu’il puisse comprendre les effets de ses actions.

Hasinoff a toutefois déclaré que faire des excuses, raconter des histoires de rédemption ou encore exprimer sa honte ne pourront pas toujours garantir le pardon de la victime ou celui de la communauté.

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