Revenge porn : un sandwich pour expliquer comment ces contenus deviennent viraux

Une vidéo TikTok fait actuellement le buzz sur Internet. Il s’agit de la vidéo de Meg Groff, une jeune fille de 17 ans qui a eu l’ingénieuse idée d’expliquer via une courte vidéo pourquoi des personnes mal intentionnées diffusent les photos intimes d’autres personnes sans leur consentement. On appelle généralement ce comportement comme étant de la vengeance pornographique ou, en anglais, le « revenge porn ».

Récemment, nous vous rapportions que le revenge porn et la sextorsion contre les mineurs ont fait un bon de 57% en 2020, qu’une affaire de revenge porn avait révélé un problème sociétal et que le revenge porn a explosé au Royaume-Uni depuis le confinement. Mais pourquoi ces contenus deviennent-ils aussi viraux et est-il vraiment correct de blâmer la victime au lieu de l’auteur du partage ? (ndlr : non)

Crédits Pixabay

Meg Groff ne le pense pas et pour faire comprendre sa position aux internautes, cette utilisatrice de TikTok a fait une analogie simple, limpide et percutante avec…un sandwich.

La vengeance pornographique devient un fléau pour la jeune génération

L’information nous vient de BuzzFeed qui s’est entretenu avec Meg, laquelle a confié que la vengeance pornographique était en train de tourmenter sa génération. Elle a ainsi déclaré que « lorsque cela se produit, nous passons plus de temps à faire honte à la victime pour avoir envoyé les images en premier lieu qu’à tenir le destinataire responsable du partage de quelque chose qui n’était pas la leur ».

La vidéo de Meg en question met en scène deux personnages qu’elle joue. D’une part, elle mange un sandwich et une personne vient et lui en demande une bouchée. Elle lui tend alors son sandwich, l’autre personne mord dedans puis se tourne vers d’autres personnes pour leur donner le sandwich.

A cet instant, Meg s’insurge et interpelle ladite personne en lui disant de ne pas leur donner son sandwich. Ce à quoi l’autre répond : « Tu étais d’accord pour que je prenne une bouchée alors pourquoi les autres ne pourraient pas l’avoir ? », elle lui répond simplement qu’elle ne les connaît pas et qu’elle ne leur a pas donné la permission d’avoir son sandwich.

@meg.groff

Maybe they’ll understand this one

♬ original sound – Meg💫

Meg expose clairement en quoi culpabiliser les victimes n’est pas la solution

Pourtant, dans sa logique, l’autre personne se défend en disant qu’elle lui a remis le sandwich et qu’elle devrait alors pouvoir en faire ce qu’elle veut. Mais Meg souligne une nouvelle fois que lorsqu’elle lui a donné son sandwich, c’était pour seulement lui donner une bouchée et non pour donner son sandwich à un inconnu. L’autre personne rétorque alors : « Ok, si tu ne voulais pas que d’autres personnes prennent une bouchée, alors tu n’aurais pas dû me donner le sandwich ».

Dans son échange avec BuzzFeed, Meg souligne que « cette question de culpabilité des victimes va bien au-delà des questions de vengeance pornographique (…) les gens ne semblent toujours pas comprendre pourquoi c’est mal ». Selon elle, nous passons plus de temps à enseigner aux gens comment ne pas être des victimes que nous passons à leur enseigner pourquoi le revenge porn ou utiliser le corps de quelqu’un d’autre contre eux n’est jamais acceptable.

Elle estime ainsi que tout est une question de consentement et de confidentialité et à l’adresse des parents, elle leur conseille de « passer moins de temps à apprendre à vos enfants comment ne pas être des victimes et dirigez plutôt cette énergie pour leur expliquer pourquoi il est mal d’être l’auteur » du partage. Elle conclut en disant qu’ « il est important de se rappeler que vos enfants préparent le terrain pour la sécurité des générations futures ».

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