Revenge Porn : les lois votées au Royaume-Uni insuffisantes selon les victimes

En général, lorsque les ruptures se finissent mal, chacun des partis repart de son côté. Il arrive cependant que certains partenaires soient tentés de se venger en divulguant sur la toile les photos intimes et très explicites de leur ex.

Cette pratique, de plus en plus répandue, s’est même trouvé un nom : le revenge porn.

Depuis 2015, la diffusion de photos ou de vidéos privées à caractère sexuelle et sans consentement est punie par la loi en Angleterre et au Pays de Galles. C’est un « délit » qui est passible d’une peine maximale de deux ans. En dépit de cela, les cas présumés de revenge porn n’ont cessé d’augmenter et ont connu une hausse de 117 % entre la période 2015-16 et 2018-19, en Angleterre et au Pays de Galles.

Face à cette situation alarmante, Sophie Mortimer, responsable d’une hotline dédiée, a déclaré que les lois qui existent actuellement sont insuffisantes.

Des policiers qui doivent se familiariser avec les lois

Si durant cette période les affaires de revenge porn n’ont cessé d’augmenter, le nombre d’accusations, quant à lui, a chuté de 23 %, passant de 207 à 158. Au vu de ces chiffres, Sophie Mortimer n’a pas hésité à monter au créneau et à pointer du doigt le travail des autorités.

« C’est très bien de changer la loi et de rendre ces choses illégales, mais si les services de premières lignes ne comprennent pas ce que la loi veut dire, alors vous n’avez fait que la moitié du travail », a-t-elle martelé. D’après elle, au lieu de juste appliquer la loi, la police devrait se familiariser avec celle-ci.

Des lois qui devraient être révisées

Selon un rapport de la BBC, plus du tiers des victimes de revenge porn auraient choisi de ne pas aller jusqu’au bout de leur plainte, car les lois en vigueur ne leur garantissent pas l’anonymat. En Angleterre et au Pays de Galle le revenge porn est, en effet, catégorisé parmi les « délits de communication », de ce fait, ceux qui en sont victimes ne bénéficient pas de l’anonymat.

Sophie Mortimer se bat actuellement pour que les lois concernant le revenge porn soient révisées. « Nous aimerions que cela soit considéré comme une infraction sexuelle, car cela garantirait l’anonymat des victimes. »

De son côté, le Ministère de la Justice a déclaré que le revenge porn avait été considéré comme un « délit de communication » après avoir discuté avec des victimes et des militants qui ont admis que « ce crime était plus à caractère malveillant que criminel ».

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