Revenge porn : la police nationale obligée de supprimer un tweet… très discutable

Le Revenge porn est une affaire sérieuse. A un point tel que la Police nationale s’est sentie obligée de lancer une campagne de prévention sur la plateforme à l’oiseau bleu. Un tweet qui partait d’un bon sentiment, mais dont le contenu était extrêmement discutable.

Le tweet en question a été publié en fin de semaine dernière et il versait allègrement dans la prévention.

Une femme se tenant le visage dans les mains
Photo de Anthony Tran – Unsplash

L’idée de départ était relativement simple, il s’agissait de faire prendre conscience aux internautes de la dangerosité de cette pratique.

Quand la gendarmerie nationale veut faire de la prévention et tombe complètement à côté

Le tweet mettait donc en avant une simple image montrant une jeune fille stylisée en train de marcher dans la rue, son smartphone à la main, avec sur la droite un texte s’étalant sur quelques lignes :

“Il a bien reçu ton nude. Tes amis, tes parents, tes camarades de classe, tes cousins, tes professeurs, tes voisins, ton boulanger, ton ex-petit ami, ton facteur, tes grands-parents, ta nièce aussi.”

Police Nationale – Twitter

A l’origine, ce tweet devait être le premier d’une longue lignée, mais la Police nationale a finalement interrompu sa campagne et supprimé le message quelques heures à peine après sa publication. En cause, les nombreuses réactions négatives des internautes.

Des réactions que l’on peut aisément comprendre puisque la formulation du tweet laissait clairement entendre que la faute pouvait incomber à la personne ayant envoyé un nude. La victime devenait donc coupable, alors que les véritables fautifs sont bien entendu ceux qui diffusent l’image à son insu.

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La police nationale s’excuse

Ce que précise d’ailleurs la loi. Comme l’indique le site gouvernemental Stop Cybersexisme, le partage de contenus à caractère sexuel sans le consentement de la personne est en effet passible de deux ans de prison et de 60 000 € d’amende.

Un biais que beaucoup n’ont pas manqué de comparer au fameux argument de la jupe, un argument qui explique en substance que les victimes d’un viol peuvent avoir leur part de responsabilité.

Pour beaucoup, donc, ce tweet avait pour but de culpabiliser les victimes, ce qui est proprement inacceptable.

Une maladresse reconnue un peu plus tard par la police nationale. Interrogée par l’AFP, elle a en effet expliqué qu’elle ne voulait pas suggérer que les victimes puissent être responsables de la situation qu’elles subissent. En conséquence, elle a reconnu la maladresse et procédé à la suppression du tweet.

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