Le revenge porn et la sextorsion contre les mineurs ont fait un bond de 57 % en 2020

Les actes de cyberviolence envers les mineurs ont considérablement augmenté en 2020. L’association e-Enfance alerte sur cette inquiétante hausse.

Revenge porn, photomontages dégradants, chantages à la webcam et insultes sont autant d’attaques en ligne dont les mineurs peuvent être la cible. Celles-ci ont fait un bond de 57 % l’an dernier selon un rapport d’e-Enfance. L’association s’occupe de la gestion d’une plateforme d’écoute pour les victimes de cyberviolences. L’assistance téléphonique gratuite Net Ecoute (0800 200 000) a vu le nombre de ses appels liés à ces phénomènes passer de 2 747 en 2019 à 4 315 en 2020, a confié Justine Atlan, directrice générale de l’association, à l’AFP. Les plaintes relatives au revenge porn et au chantage à la webcam constituent la part la plus importante de la hausse.

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Les mineurs de 15 à 17 ans sont de plus en plus devenus la cible de sextorsion. Pour rappel, la sextorsion est une forme de chantage en ligne qui demande en retour des faveurs sexuelles ou monétaires.

Les jeunes garçons et les lycéennes largement exposés

Le chantage à la webcam cible les jeunes garçons aux alentours de 14 ans en particulier. Ceux-ci se font facilement piéger par de faux profils de femme. Les escrocs réclament ensuite une rançon faute de quoi la victime risque de voir ses photos ou vidéos intimes diffusées sur internet. D’autre part, le revenge porn concerne principalement les filles de 15 à 16 ans. Ces dernières sont victimes de la diffusion de contenus à caractères sexuels impliquant leurs personnes.

Il est souvent difficile pour les victimes de maintenir une vie en ligne après l’évènement. Paradoxalement, les harceleurs parviennent de nos jours à repérer facilement leurs cibles.

Les classes en ligne ne sont pas à l’abri de la cyberviolence. Les enseignants s’inquiètent des messages injurieux, insultes et liens vers des contenus pornographiques partagés lors des sessions.

12 000 appels enregistrés en 2020

L’an dernier, l’assistance téléphonique gratuite a enregistré 12 000 appels, lesquels n’étaient pas tous relatifs à des dénonciations de cyberviolences. Des parents avaient également sollicité la plateforme pour demander des conseils afin de mieux gérer et surveiller les activités de leurs progénitures en ligne.

À noter que le support d’écoute géré par l’association e-Enfance fait partie du programme Safer Internet de la Commission européenne. Il vise à faciliter le signalement des violences en ligne.