Revenge Porn : un homme condamné à Pau

Pour beaucoup, les séparations amoureuses sont très difficiles… à tel point qu’elles virent parfois au règlement de compte : il arrive que l’une des deux personnes décide de se venger en partageant des photos ou des vidéos intimes de son ex sur Internet. À Pau, c’est ce qu’un quadragénaire a fait.

Il y a trois ans, en décembre 2017, l’homme de 42 ans a été quitté par sa conjointe. Par vengeance, il a alors envoyé des photos et des vidéos de leurs ébats sexuels aux amis et à la famille de son ex. Pire encore, il a également partagé les images sur des sites Internet et les réseaux sociaux.

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Poursuivi en justice pour « vengeance pornographique » (ou Revenge Porn), l’homme a été condamné ce mardi 18 août à six mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Pau.

Une peine beaucoup trop légère ?

Six mois de prison pour avoir posté des images et vidéos à caractère sexuel de son ancienne compagne ? Beaucoup estiment qu’il s’agit d’une peine beaucoup trop légère ! Surtout que l’homme est également coupable de harcèlement envers son ex.

L’enquête a en effet dévoilé que pendant des mois, il n’a pas arrêté d’appeler la victime au téléphone : entre le 24 mai et le 13 septembre 2018, il l’a appelé presque 750 fois, soit en moyenne 6 fois par jour ! Pendant des mois, sa victime a vécu dans l’angoisse, sans parler de l’humiliation de voir des images et des vidéos d’elle nue circuler abondamment sur le web.

« Tout le monde m’a vue nue. Mes enfants à l’école ont eu des problèmes », a-t-elle déclaré pendant le procès… mais tout ça pour que son bourreau n’écope que de six mois avec sursis. À noter que la peine est assortie d’une injonction qui l’empêche d’approcher son ex, plus une obligation d’indemniser cette dernière. Reste à voir s’il le fera, vu qu’il ne s’est même pas pointé au procès.

Revenge Porn en France, la loi manque de sévérité

En France, le Revenge Porn est un crime qui est passible d’un à deux ans de prison, plus 45 000 à 60 000 euros d’amende… enfin, en théorie, parce qu’en pratique, les agresseurs ne sont que très rarement condamnés à une peine de prison ferme.

Alors que le nombre de plaintes pour « atteinte à la vie privée par diffusion d’image à caractère sexuel » a considérablement augmenté ces deux dernières années, les peines prononcées ne sont pas très sévères : quelques mois de prison avec sursis (voire un mois seulement) et quelques milliers d’euros d’amende et c’est tout. Une situation que déplorent les victimes et leurs avocats… sans parler de celles qui ne portent pas plainte, et elles sont des milliers en France.