Review : Infinity Blade

Sorti le 9 décembre dernier, Infinity Blade a énormément fait parler de lui. Et pour cause, puisqu’il est considéré comme l’un des plus beaux jeux disponibles sur iPhone, iPod Touch et iPad. Forcément, votre humble serviteur ne pouvait pas laisser passer l’occasion et il s’est bien évidemment jeté dessus. Après quelques jours passés à poutrer du vilain chevalier sur la tablette tactile pommée, il s’est même mis en tête de partager avec vous toutes ses impressions et vous allez donc pouvoir découvrir dans la suite de cet article une review complète de l’un des titres les plus en vogue du moment.

Une véritable claque visuelle

Quand on vous dit que Infinity Blade est un titre magnifique, ce n’est pas pour rien. Réalisé à partir du moteur Unreal Engine 3, on peut même dire que c’est une véritable claque visuelle. Malgré un aliasing parfois très mal géré, il propose en effet des graphismes fins et des animations desservies par un grand nombre d’effets visuels en tout genre. C’est beau, c’est fluide et on en viendrait presque à pleurer comme une petite fille dans les premières minutes du jeu.

Notons que l’ambiance sonore n’est pas en reste. On a souvent tendance à l’oublier mais la bande son et les effets sonores favorisent également l’immersion du joueur. Et là, franchement, c’est tout à fait correct. Seul petit bémol, les bruitages sont souvent les mêmes et les ennemis qui se dresseront sur ta route pousseront en règle générale le même genres de cri. Rhaaaaa, Graouuuuu, Beuuuuua. Dommage, au bout d’un moment ça peut devenir très vite lassant.

Et il est où, le scénario ?

L’histoire de Infinity Blade est d’une banalité flagrante. T’as un méchant immortel qui met une grosse fessée à ton papa et tu décides de revenir le venger pour lui prouver que les mortels en ont dans le pantalon. Si tu as un peu d’expérience en matière de jeux vidéo (et c’est limite obligé vu que tu es en train de lire cet article), alors le scénario ne te manquera pas de te faire sourire. C’est en effet toujours le même genre d’histoires qu’on se bouffe depuis les années 90. Un gros méchant, l’envie de vengeance, je pense sincèrement qu’on pouvait trouver un peu mieux.

La seule subtilité qui mérite finalement d’être notée, c’est que tu n’incarneras pas qu’un seul personnage. Et pour cause puisqu’il est impossible de tuer le gros boss (niveau 50 quand même) en une seule lignée. A chaque fois, tu dois donc recommencer l’aventure avec le fils du gars qui vient de se faire buter et tu vas devoir te bouffer plusieurs générations afin de parvenir à avoir le dernier mot. Et c’est d’ailleurs l’un des plus gros défauts du jeu, comme nous le verrons par la suite.

Un système de jeu qui laisse franchement à désirer

Si tu aimes te balader pendant des heures dans de grands espaces, alors Infinity Blade n’est pas pour toi. En réalité, c’est même l’un des jeux les plus linéaires qu’il m’ait été donné de voir. Concrètement, tout ce que tu peux faire, c’est te battre contre les méchants. Ainsi, aucun déplacement « libre » n’est possible. Tout ce que tu vas pouvoir faire, c’est tapouiller du bout de l’index la zone dans laquelle tu souhaites te rendre, des ronds lumineux te permettant ainsi de voir les chemins que tu peux emprunter.

Comme dans n’importe quel jeu de rôle ou d’aventure, ton personnage a la possibilité d’évoluer. Tu pourras ainsi grimper de niveau, booster les caractéristiques de ton choix (points de vie, attaque, défense, magie…) et même chose pour les armes, armures, anneaux, casques ou boucliers. Au fil de tes combats, tu apprendras à les maitriser sans cesse davantage et tu gagneras ainsi de chouettes bonus qui te permettront de devenir une véritable machine à tuer.

Et tu combats, encore et encore…

Que dire des combats ? Et bien tout simplement qu’ils souffrent de la même linéarité. Pour tuer tes ennemis, tu as plusieurs techniques à ta disposition. La première te permettra de parer leurs coups de lame avec ton bouclier jusqu’au moment où l’ennemi sera projeté en arrière et donc très vulnérable. La seconde technique, c’est d’éviter ses attaques en glissant sur ta gauche ou sur ta droite. Pour se faire, il te faudra bien évidemment anticiper ses coups. Et la troisième, c’est de parer ses attaques avec ton épée mais c’est franchement pas facile.

Alors bien sûr, tous les ennemis ne se ressemblent pas, ils ont même tous des spécificités. Certains sont plus rapides que d’autres, tu en as aussi qui ont des attaques spéciales mais tous les combats reposent finalement sur le même principe. Tu bloques / pares / esquives jusqu’à ce que ton ennemi soit en position de faiblesse et tu l’enchaines à coups d’épée. Chouper, t’as juste l’impression de faire tout le temps la même chose.

Viens faire un tour au magazin !

Juste histoire de te donner envie de continuer l’aventure, Infinity Blade intègre un magasin dans lequel tu pourras trouver pas mal de trucs. Des épées, bien sûr, mais aussi des casques, des boucliers, des armures et des anneaux magiques. Et si les premiers objets sont franchement accessibles, ça se corse ensuite très vite pour les plus puissants d’entre eux. Mais ça, je suis presque certain que tu t’en doutais déjà.

S’il est possible d’acheter des objets, on peut évidemment aussi revendre ceux qui sont en notre possession. Et ce dans l’optique d’amasser sans cesse plus d’or pour pouvoir s’acheter la grosse épée qui fait super mal ou le bouclier trop délire qui peut se prendre 10.000 coups avant de tomber en morceaux. Notons que si tu es bourré de fric, alors tu pourras également payer pour avoir la maitrise d’un objet.

L’histoire sans fin

Comme je l’ai dit au début de mon article, ton objectif est simple puisqu’il est question de poutrer le grand méchant qui a fait bobo à ton papa. Sauf que voilà, ce dernier est quand même niveau 50 et t’auras bien du mal à gagner assez d’expérience pour le vaincre en tuant les méchants du château. Du coup, ce qui va se passer, c’est que tu vas te faire laminer en arrivant dans la salle du trône et tu n’auras d’autre solution que de retenter ta chance avec une autre lignée, et donc avec le fils de ton personnage.

A chaque fois, tu conserveras l’expérience et les objets acquis durant l’aventure, forcément. Mais avant de pouvoir vraiment rivaliser avec le boss, les filles, il va falloir se taper six ou sept lignées. A chaque fois, bien sûr, les ennemis changent et tu amasses sans cesse plus d’or mais il faut avouer que cela devient très très vite fatiguant. Visiter les mêmes lieux, trouver les mêmes coffres et les mêmes ennemis au même endroit, c’est pas spécialement jouissif. Franchement pas, même.

Et alors, bien ou bien ?

Franchement, les premières minutes, Infinity Blade est une très bonne surprise. T’es là, à te promener (enfin à te faire promener plutôt) dans de chouettes décors, à tabasser de l’ennemi en utilisant différentes techniques et t’as presque l’impression d’être face au jeu de l’année. Oui, en tout cas jusqu’à ce que tu termines la première lignée, que tu te fasses tabasser par le boss et que tu te retrouves à débuter la seconde lignée.

Là, c’est juste la mort, bonhomme, parce que tu comprends que tu vas devoir faire, refaire et re-refaire tout le jeu (compte une vingtaine de minutes pour arriver à la salle du trône) pour chopper quelques niveaux supplémentaires et surtout l’équipement qui va bien. Et à ce moment, et bien tu ne pourras pas t’empêcher de sangloter et de te rouler en boule sous ton bureau.

Genre t’as un peu l’impression d’avoir acheté une démo technique jouable, en fait.

Un démo technique qui coûte 4,99 €.