Royaume Uni : Facebook accusé de faire le jeu de l’extrême-droite

L’émission Dispatches de la chaîne britannique Channel 4 s’est plongée sur les contenus violents et haineux qui se propagent sur Facebook. L’enquête amène le public à s’interroger comment les publications échappent à la vigilance des modérateurs.

Ces derniers n’ont pas jugé nécessaire de censurer entre autres des appels à la haine ou encore des images d’enfants maltraités.

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Facebook est ainsi accusé de favoritisme envers des groupuscules d’extrême-droite du Royaume-Uni. De son côté, la plateforme joue la carte de l’erreur humaine. Dispatches a découvert que c’est l’équipe de Facebook qui décide des mesures concernant les pages populaires.

Ces pages sont des sources de revenus importantes pour le réseau social. Cela pourrait expliquer le laisser-aller dans leur modération.

Des erreurs de modération ou du laisser-aller ?

La modération de pages ou de groupes par l’équipe du réseau social est un privilège en principe accordé aux pouvoirs publics et aux organes de presse. Dispatches révèle que cela profite aussi au parti britannique d’extrême-droite Britain First. Facebook ne veut vraisemblablement pas se fâcher avec les nombreux utilisateurs qui suivent Stephen Lennon, le chef du parti.

La plateforme irait encore plus loin selon un modérateur interviewé par Channel 4. Facebook inciterait ses partenaires à ignorer les preuves visuelles qu’un utilisateur a moins de 13 ans, sauf aveu explicite de celui-ci.

Cette pratique aurait empêché les modérateurs d’agir sur un post en 2002 où l’on voyait un homme adulte tabasser un enfant.

Les réactions timorées de Facebook

Selon Richard Allen, le vice-président de la politique publique, le réseau social promet de faire la lumière sur ces « erreurs » et de prendre des mesures pour que cela ne se reproduise plus à l’avenir.

Plusieurs discours appelant les immigrants musulmans à « retourner dans leurs pays » sont pourtant en ligne. Facebook n’a pas l’intention de les censurer. « Les gens débattent de sujets très sensibles sur Facebook, y compris des questions comme l’immigration, et ce débat peut être tout à fait légitime. » a déclaré Allen.

Cela fait des années que le réseau social se retrouve au cœur de polémiques récurrentes. L’une des plus retentissantes d’entre elles est l’affaire Cambridge Analytica. Si Facebook tente depuis de redorer son blason, des incidents récurrents et répétés plombent ses efforts.

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