SAIP, l’appli destinée à diffuser des alertes en cas d’attentats, sera abandonnée au 1er juin

Jugée peu fiable par le gouvernement, l’application SAIP (ou Système d’Alerte et d’Information des Populations) sera officiellement désactivée et abandonnée le premier juin prochain – presque deux ans jour pour jour après son déploiement sur les plateformes de téléchargement, le 8 juin 2016, à l’occasion de l’Euro de Football.

C’est ce que l’on apprend de France Info, qui rappelle à juste titre que SAIP ne s’est pas montré d’une efficacité redoutable au cours de ses deux petites années de service. Dans un rapport publié en août dernier, le sénateur LR Jean-Pierre Vogel pointait déjà des “défaillances nuisant à la fiabilité et à l’ergonomie de l’application” et déplorait que SAIP ne soit disponible que sur iOS et Android. A peine un an après la publication de cette étude, s’en est donc fini du service.

Le premier juin prochain, après tout juste deux ans de service, l’application SAIP (destinée à diffuser des alertes en cas d’attentats) sera désactivée.

Pour rappel, l’application s’était essentiellement illustrée par son inefficacité lors des attentats ayant frappé l’hexagone depuis l’été 2016. Pensée pour se déclencher en cas d’attaque et avertir la population sur la marche à suivre au moyen de notifications, notamment, SAIP se sera surtout attiré les foudres de ses propres utilisateurs – et plus généralement des internautes – du fait de son immobilisme dans le feu de l’action.

Une application d’alerte… qui ne donne pas l’alerte

Lors de l’attaque au camion perpétrée le 14 juillet 2016, il avait fallu près d’une heure à l’application officielle du gouvernement pour s’activer, générant des alertes bien après les minutes les plus meurtrières de l’attentat. Pire, en mars dernier, SAIP ne s’était pas activée du tout au cours des attaques et de la prise d’otage ayant eu lieu à Carcassonne et Trèbes, dans l’Aude, générant une nouvelle vague de commentaires négatifs à son propos sur l’App Store et le Google Play Store.

Au cours de ces attaques, seuls les réseaux sociaux s’étaient avérés à même d’informer tant bien que mal la population sur la gravité des événements et les lieux à éviter.

Reste maintenant à savoir si d’aventure le gouvernement décidera de lancer une nouvelle application, efficace cette fois. A l’heure où nous écrivons ces lignes, les autorités se dirigeraient plutôt vers une collaboration plus pointue avec les plateformes sociales.