Samsung X Supreme, ou quand le géant coréen s’associe à un faussaire

Samsung compte désormais parmi les premières multinationales à avoir signé un partenariat… avec une marque ouvertement spécialisée dans la contrefaçon. Lundi, le géant coréen profitait de la présentation de son Galaxy A8s, un nouveau smartphone milieu de gamme, pour annoncer le début d’une collaboration avec Supreme Italia, la copie italienne de la marque américaine du même nom, fondée à New York en 1994.

Si les partenariats sont tout ce qu’il y a de plus communs dans le monde de la téléphonie mobile (très récemment, OnePlus s’engageait ainsi avec le constructeur automobile McLaren pour lancer un OnePlus 6T exclusif), l’accord conclu entre Samsung et Supreme Italia est – à notre connaissance – le premier d’un genre nouveau : l’association d’un géant du smartphone (numéro 1 mondial sur ce marché, qui plus est) avec une figure européenne de la contrefaçon, habituée à filouter avec la loi.

Pour le lancement de son A8s, Samsung s’est compromis à signer un partenariat avec Supreme Italia, une marque italienne ayant copié l’identité de la firme américaine du même nom.

Si Supreme Italia existe, c’est avant tout par la grâce d’un oubli de la marque originale, explique BFM Tech. Par le passé, Supreme NYC a en effet négligé de s’enregistrer en Italie, laissant ainsi aux entrepreneurs peu scrupuleux l’occasion de copier sans vergogne son identité et une part de ses créations, sans pour autant se compromettre de facto sur le plan légal. Évoluant dans cette surprenante nuance de gris, à mi-chemin entre légalité et plagiat caractérisé, Supreme Italia – basé à Barletta, dans le Sud de l’Italie – aura réussi à s’implanter durablement tout en s’assurant d’être protégé, sinon favorisé, par la législation locale, nous dit The Verge.

Samsung assure être en train de “réévaluer” son partenariat avec Supreme Italia

Comble du paradoxe, contrairement à Supreme New York, Supreme Italia s’est récemment vu ouvrir les portes du marché chinois. Comme précisé de concert par les deux dirigeants du “faux” Supreme, invités sur scène lors de la conférence de Samsung lundi, la marque s’apprête à ouvrir un magasin à Pékin en 2019. Ce dernier sera entièrement consacré à la vente de produits Supreme contrefaits.

D’après The Verge, c’est cette présence prochaine de la marque en Chine qui aurait poussé Samsung à s’y associer. “Nous collaborons avec Supreme Italia et non Supreme NYC“, précisait ainsi Leo Lau (responsable marketing de Samsung en Chine). “Supreme NYC n’a pas d’autorisation de vente en Chine, tandis que Supreme Italia a obtenu [cette autorisation] pour la région Asie, à l’exception du Japon“, a poursuivi l’intéressé lundi sur Weibo, au travers d’un post supprimé depuis. Ce partenariat s’inscrit dans les efforts de Samsung pour s’imposer en Chine face aux constructeurs locaux (Huawei, Oppo…) qui multiplient les collaborations avec des marques tierces ces derniers mois.

Ce mercredi 12 décembre, Samsung a toutefois indiqué par l’intermédiaire d’un communiqué publié, là encore, sur Weibo être en train de “réévaluer” son partenariat avec Supreme Italia. La marque a par ailleurs présenté ses excuses pour la gêne potentiellement occasionnée par cette annonce… pour le moins déroutante.

Crédit illustration : @thisboyuan / Twitter