Saviez-vous que certains mammifères sont capables d’interrompre l’évolution de leur grossesse et de la reprendre ensuite ?

Chez certaines espèces de mammifères (rongeurs, marsupiaux et même des carnivores), il existe un phénomène biologique, appelé la “diapause embryonnaire”, leur permettant d’interrompre l’évolution de leur grossesse, pour mieux la reprendre plus tard.

Loin de constituer une simple bizarrerie de la nature, cette étonnante capacité permet aux animaux vivant dans des conditions hostiles d’améliorer les chances de survie de leurs progénitures en mettant bas à un moment beaucoup plus propice.

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Et ce n’est pas tout, car même si cette faculté a été découverte il y a bien longtemps, les recherches actuelles sur le sujet ouvrent de belles perspectives sur l’étude du développement du cancer et d’autres affections tumorales.

Une étonnante faculté observée il y a déjà longtemps

La première question qu’on pourrait se poser quand on parle de cette capacité tout droit sortie de l’imaginaire est un grand pourquoi, suivi de près par un comment.

Observée pour la première fois dans les années 1850 par des chasseurs européens chez une population de rennes, la “diapause embryonnaire” a fasciné les scientifiques.

Mais il a fallu attendre que les connaissances dans le domaine de l’étude de la gestation des mammifères soient plus concrètes, cent ans plus tard, pour que les observations réalisées auparavant soient confirmées.

Concrètement, chez ces animaux, l’embryon arrête son développement à seulement quelques jours (stade d’environ 80 cellules), et reprend ensuite. Ce temps de pause dans l’évolution de la gestation peut aller de quelques jours à plusieurs mois, le temps que les conditions soient plus favorables à sa reprise.

Une stratégie de survie face aux environnements extrêmes

Ainsi, chez des espèces de marsupiaux australiens, des kangourous et des wallabies, la diapause embryonnaire peut aller jusqu’à 11 mois. Ce qui est actuellement un record selon les scientifiques. Néanmoins, on peut aussi observer le phénomène chez des rongeurs (rats, souris) ou des carnivores comme les ours.

La diapause embryonnaire peut ainsi servir deux objectifs de survie chez ces espèces. Ainsi, soit la femelle se réserve une chance pour un second petit (oui, c’est possible), et bien qu’elle soit déjà en gestation, elle s’accouple, interrompt le développement du second embryon et privilégie le premier jusqu’à son terme. Le développement du second embryon reprend ensuite s’il arrive quelque chose au premier.

Dans un autre cas de figure, le développement embryonnaire est mis en pause, le temps qu’arrive la saison des pluies, avec de meilleures conditions pour accueillir son petit.

Pour les scientifiques, cet arrêt dans l’évolution de la gestation est très intéressant dans la mesure où l’étude des molécules, des cellules, et des hormones qui entrent en jeu dans la diapause embryonnaire pourraient guider vers de nouvelles découvertes sur comment arrêter le développement des cellules tumorales responsables de cancers.

s https://www.sciencealert.com/some-animals-can-literally-pause-their-pregnancies-here-s-why?perpetual=yes&limitstart=1

Mots-clés biologie