Scarlett Johansson ne pense pas qu’il soit possible de lutter contre le deepfake

Scarlett Johansson est sans doute une des actrices les plus en vue à l’heure actuelle à Hollywood. Si cette célébrité a indéniablement du bon, elle a également valu à l’actrice de sérieux problèmes. Il suffit en effet d’une simple recherche sur la toile pour trouver des centaines de vidéos la plaçant dans son plus simple appareil.

Des photos par ailleurs très populaires en ligne. Certaines vidéos partagées sur des sites comme Pornhub ont effectivement été vues près de cinq millions de fois depuis leur mise en ligne.

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Mais Scarlett Johansson n’est pas uniquement la cible des hackers en quête de nudes, elle est aussi très appréciée des amateurs de deepfakes.

Scarlett Johansson, une des nombreuses victimes du deepfake

Le deepfake, aussi connu comme le fake porn, a commencé à émerger sur la toile en décembre 2017. En s’appuyant sur des intelligences artificielles proposées en libre téléchargement sur Internet, un bidouilleur a en effet réussi à coller le visage de Gal Gador sur le corps d’une actrice spécialisée dans les productions pour adultes.

La vidéo avait ensuite été partagée sur Reddit, où elle avait rencontré un succès considérable.

Par la suite, de nombreuses vidéos similaires ont commencé à fleurir sur la toile et plusieurs d’entre elles se focalisaient précisément sur l’interprète de Black Widow dans The Avengers. Scarlett Johansson est revenue sur cette expérience à l’occasion d’un entretien mené par le Washington Post

Très lucide, l’actrice a ainsi déclaré que la lutte contre le deepfake était vouée à l’échec et qu’il lui était ainsi impossible, à son échelle, d’empêcher les internautes de procéder à des montages en collant son visage – ou celui de n’importe qui d’autre – sur un corps différent. La voie légale ne suffit visiblement pas à empêcher la propagation de ces contenus, notamment en raison de leur viralité.

Il faut en effet noter que si la plupart des plateformes sociales interdisent formellement la publication de tels contenus, beaucoup ont encore du mal à les identifier et à les supprimer. Pornhub lui-même n’a pas réussi à endiguer totalement le phénomène en dépit de ses nombreux investissements dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Le deepfake, une menace à prendre au sérieux

Engadget, de son côté, semble penser que les législateurs sont les seuls à pouvoir empêcher ces contenus de se répandre, mais c’est peu probable. Le meilleur exemple reste celui de la pédopornographie. Ces contenus sont considérés comme totalement illégaux et leur diffusion est passible d’une peine d’emprisonnement, mais ils continuent de fleurir sur la toile, notamment au sein de groupes privés sur Facebook ou même WhatsApp.

Nous en avons d’ailleurs encore eu l’exemple le mois dernier lorsque deux ONG israéliennes ont repéré plusieurs groupes spécialisés sur WhatsApp.

En l’état actuel des choses, il semblerait donc que le fatalisme de Scarlett Johansson ne soit pas dénué de fondement.

Et c’est un vrai problème, car le deepfake pourrait à terme représenter un véritable risque pour la démocratie. Quand on voit les dégâts provoqués par les campagnes de fake news lancées sur les réseaux sociaux, on se dit que le deepfake ne doit pas être sous-estimé.

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