Selon ces scientifiques, les systèmes de reconnaissance faciale actuels auraient beaucoup de mal à identifier le sexe des transgenres

La reconnaissance faciale est devenue une technologie incontournable en tant que système d’identification et de sécurisation de différents types d’appareils, et de la sécurité tout court d’une manière plus générale.

Cependant, selon les résultats d’une étude récemment publiée, il semblerait que la technologie de la reconnaissance faciale aurait du mal à discerner les genres, surtout ceux qui sortent du cadre habituel binôme masculin-féminin.

Un drapeau LGBTQ+

Crédits Pixabay

Les scientifiques de l’Université de Boulder (Colorado) mettent ainsi en évidence que le problème est courant pour les utilisateurs transgenres avec environ un tiers de non-cohérence. Les algorithmes utilisés par les systèmes d’identification faciale n’étant pas capables de faire une identification correcte du sexe dans ces cas.

Plus d’exactitude pour les genres binaires

La recherche a été faite sur plus de deux mille images tirées d’Instagram. Avec un marquage du genre réel du titulaire, les photos ont été par la suite, examinées via des systèmes spécialisés de reconnaissance faciale, dont ceux d’IBM, de Microsoft, d’Amazon, et de Calrifai.

Si la reconnaissance du genre est plus précise pour les hommes et les femmes cisgenres (respectivement un homme en tant que tel ou une femme en tant que telle) avec respectivement 97,6% et 98,3% d’exactitude.

Par contre, les hommes transsexuels ont du mal à être identifiés avec seulement 38% de précision. Pire encore pour les autres cas comme les agender (les personnes qui ne se reconnaissent dans aucun des deux genres binaires), ou les genderqueer (les personnes qui se disent être entre les deux, ou un mélange des deux) avec 0% d’exactitude dans l’identification.

Se baser sur d’autres critères que le genre

Selon Brubaker, un des chercheurs de l’équipe : « Ces systèmes ne connaissent pas d’autre langue que celle des hommes ou des femmes, de sorte que pour de nombreuses identités de genre, il n’est pas possible qu’ils soient corrects », « (…) ils étaient universellement incapables de classer les genres non binaires ».

Dans le futur, ce problème d’identification de genre par les systèmes de reconnaissance faciale pourrait provoquer divers soucis du fait de la non-cohérence des informations fournies par rapport à la réalité.

Plus particulièrement, Scheuerman, un autre membre de l’équipe de recherche a mis l’accent sur un éventuel renoncement des transgenres dans la société future. D’après lui : « Les gens pensent que la vision par ordinateur est futuriste, mais il y a beaucoup de personnes qui pourraient être laissées en dehors de ce soi-disant avenir ».

Ces scientifiques suggèrent donc de se démettre totalement de l’identification du genre et que la reconnaissance faciale soit basée sur d’autres critères comme la longueur des cheveux, le maquillage pour améliorer ces systèmes d’identification.