Selon les chercheurs, l’eau qui se trouve sur Uranus ou sur Neptune n’aurait pas les mêmes propriétés que sur Terre

D’après des chercheurs issus de l’International School for Advanced Studies (SISSA) en Italie et de l’Université de Californie à Los Angeles, on peut déterminer comment une planète s’est formée et refroidie en étudiant sa conductivité thermique et électrique. Mais pour cela, il faudrait l’analyser avec des outils appropriés.

Ces chercheurs ont alors établi un modèle informatique théorique grâce auquel ils ont étudié l’eau qui se trouve à l’intérieur glacé d’Uranus et de Neptune, afin de mieux connaître ses caractéristiques physiques. Le résultat de leur étude suggère que ces deux planètes seraient en fait probablement constituées d’eau. Autre fait intéressant, le noyau d’Uranus pourrait même être gelé, selon ces chercheurs.

Une goutte qui tombe dans l'eau

Photo de Rony Michaud. Crédits Pixabay

Par ailleurs, en étudiant la conductivité thermique et électrique de l’eau qui se trouve à l’intérieur de ces deux géants de glaces, toujours sur la base de leur modèle informatique, ils ont trouvé que ces planètes devaient contenir une version de l’eau qu’on ne rencontre pas fréquemment sur Terre, dotée de propriétés bizarres : de l’eau superionique.

L’eau superionique, de l’eau que l’on rencontre sur d’autres planètes

D’après les résultats de cette étude, publiés dans Nature Communications en juillet, l’eau contenue dans une planète extraterrestre est très différente de l’eau (au sens littéral) qu’on a sur Terre. Elle est plus dense et porte une charge électrique, car elle est constituée de plusieurs molécules dissociées en ions positifs et négatifs.

Ainsi, il existerait trois différentes phases de l’eau au sein de ces planètes : glace, liquide et superionique.

« À la phase superionique, l’eau est soumise à des températures et des pressions extrêmement élevées et elle se situe quelque part entre les états liquide et solide ». Elle est en outre plus conductrice d’électricité que l’eau sur Terre. Des conditions qu’on retrouve apparemment sur Neptune et sur Uranus et sur d’autres types d’exoplanètes, selon ces chercheurs.

Uranus et Neptune abriteraient une couche d’eau superionique

Toujours selon ces chercheurs, l’hydrogène, l’oxygène et l’hélium étant les éléments les plus courants dans l’Univers, les corps célestes, Uranus et Neptune seraient également principalement constitués d’eau.

En se basant sur la conductivité thermique et électrique de ces planètes, les résultats de cette étude suggèrent alors qu’une grande partie des couches internes denses de ces géantes gazeuses seraient principalement constituée d’eau superionique.

Toutefois, d’après le modèle informatique théorique établi, Uranus pourrait également avoir un noyau gelé. Ce qui expliquerait qu’il y ait très peu mouvement de chaleur observée à la surface de cette planète, mais aussi, pourquoi elle ne brille pas beaucoup.