Selon Roscosmos, l’ISS est bien menacée par les débris du satellite indien

En mars dernier, l’Inde avait réussi l’exploit d’abattre un de ses propres satellites en orbite basse à l’aide d’un missile antisatellite.

Une bonne nouvelle pour l’Inde, sauf que ce test a propulsé des débris dans l’espace, augmentant les risques d’endommager la Station Spatiale Internationale. Si les risques avaient été minimisés jusque là, Sergueï Krikalyov, responsable des vols spatiaux habités de l’agence spatiale russe, tire pour sa part la sonnette d’alarme.

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La Station Spatiale Internationale menacée par les déchets de l’espace

Krikalyov s’est prononcé sur la question lors d’une session du conseil pour l’espace de l’Académie des Sciences de Russie. Il a déclaré que : « Les Américains ont calculé la probabilité que la station soit endommagée à cause de l’apparition et de la dispersion de plus de débris. Mais il existe des estimations numériques qui augmentent d’environ 5% la probabilité d’une collision ».

Roman Fattakhov, responsable de la surveillance des débris en orbite au sein de Roscosmos (l’agence chargée du programme spatial civil russe), avait précédemment déclaré que plus de 100 débris du satellite indien pourraient constituer un risque pour l’ISS.

Les autorités américaines pour leur part avaient déclaré en fin mars que les débris du test indien seraient probablement brûlés et « disparaitraient » au bout de quelques semaines. La déclaration avait été faite après une estimation d’un scientifique de la défense de l’Inde selon laquelle les débris brûleraient dans environ 45 jours. Toutefois, des morceaux plus gros du satellite abattu constituent toujours une source de préoccupation près de trois mois plus tard.

L’environnement spatial pollué par l’homme

On estime à 170 millions le nombre de « débris spatiaux » laissés derrière par différentes missions dans l’espace. Ces débris peuvent être aussi gros que des étages de fusée usagés ou aussi petits que des éclats de peinture, et ils orbitent tous autour d’infrastructures valant plus de 700 milliards de dollars.

En 2007, la Chine avait elle aussi détruit un satellite sur une orbite polaire, créant le plus grand nuage de débris orbitaux de l’histoire, avec plus de 3 000 fragments, selon la Secure World Foundation. Comme l’altitude de l’impact dépassait les 800 km, de nombreux débris résultants sont restés en orbite.

Au-delà des risques d’endommager l’ISS, tous ces débris soulèvent de sérieuses inquiétantes concernant la pollution de l’espace par l’homme et les risques auxquels cela pourrait nous exposer.

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