Selon son PDG Bobby Kotick, Activision Blizzard ne devrait pas faire de politique dans ses jeux

Le patron de l’éditeur Activision Blizzard, le célèbre Bobby Kotick, s’est exprimé au micro de CNBC sur la vision de son entreprise au long-terme, son rapport au jeu vidéo, et également sur la participation de grands patrons du secteur du jeu vidéo dans la sphère politique.

Kotick a directement voulu éclaircir sa position sur le sujet : « On ne s’occupe pas de gérer les assemblées à travers le monde » annonce-t-il de but en blanc. « Nous gérons des communautés qui vous permettent de vous amuser à travers l’objectif d’un jeu vidéo.« 

« Ma responsabilité est de faire en sorte que nos communautés se sentent à l’abri, protégées, confortables, satisfaites et amusées » « Et donc je ne pense pas – je ne pense pas qu’il soit de mon droit d’avoir une plateforme pour de nombreuses opinions politiques, je ne pense pas. Je pense qu’il est de ma responsabilité de satisfaire nos audiences et nos actionnaires, nos employés.« 

Kotick en a profité pour saluer d’autres patrons ayant affiché leurs opinions en politique… se gardant néanmoins d’en faire partie. « Je pense qu’il y a des gens dans le business qui sont des exemples de caractères et d’intégrité et de principes et qui ont ce qu’on appelle de grands attributs de leadership, et je trouve qu’ils me sont d’une grande inspiration. Mais je pense, vous savez, qu’ils ont le droit d’exprimer leurs opinions, leur vision et leurs voix sur le gouvernement et la politique en général, et j’adore interagir avec ces personnes. »

Pas de politique, mais des armes quand même

C’est un équilibre fragile que Kotick tente d’entretenir sur cette position – difficile d’imaginer comment un éditeur peut déclarer faire fi de toute politique dans ces œuvres quand on voit le portfolio non seulement de jeux édités, mais également de prise de décision à l’extérieur de leur ludothèque. Pas besoin de remonter à bien longtemps pour trouver l’exemple parfait : le dernier opus de la saga Call of Duty, le si bien-nommé Modern Warfare, a fait les gros titres avec son intrigue vraisemblablement inspirée du conflit syrien vivement critiqué par certains joueurs russes y voyant une propagande américaine déguisée.

En octobre dernier, Blizzard s’est attiré l’ire de nombreux médias à travers le monde pour avoir suspendu plusieurs joueurs professionnels de Hearthstone ayant publiquement affiché leur soutien aux manifestants de Hong-Kong – tant bien même le président de la société J. Allen Brack a voulu préciser que « les relations en Chine n’ont aucune influence sur notre décision« , il est difficile de ne pas y voir un rapprochement et une pure décision politique.