Sergey Brin : Apple et Facebook sont aussi dangereux que la Chine

Sergey Brin, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, est l’un des fondateurs de Google. Et aujourd’hui encore, il est très lié à la firme mais également au web. Preuve en est, à l’occasion d’une entrevue organisée par The Guardian, il a été amené à s’exprimer au sujet de nos sociétés modernes mais également du web. Et on peut dire que ses propos sont assez surprenants puisqu’il a tout simplement comparé Apple et Facebook à la politique de censure menée en Chine. D’exprimer, ensuite, son inquiétude pour l’avenir d’internet, évidemment. Une comparaison assez étonnante, c’est vrai, mais vous allez tout de même pouvoir constater que son raisonnement tient globalement la route…

Sergey Brin : Apple et Facebook sont aussi dangereux que la Chine

La Chine, on le sait, n’est pas vraiment une démocratie modèle. Lorsque les autorités chinoises ne massacrent pas des moines pacifistes, elles s’évertuent effectivement à emprisonner leurs opposants et à empêcher la population de communiquer librement. Et bien que cet état de fait ne semble déranger personne, du moins pas parmi les gouvernements de nos sociétés occidentales, la situation n’en reste pas moins préoccupante. Alors forcément, la question que vous vous posez sans doute, c’est de savoir quel est le rapport avec des sociétés comme Apple ou comme Facebook.

Et bien pour Sergey Brin, c’est assez simple. Apple comme Facebook sont des sociétés fermées, dont les produits reposent essentiellement sur des technologies propriétaires. Or selon lui, ces technologies constituent une menace pour la liberté de l’information et pour les différents échanges qui font partie intégrante du web et des idéaux portés par ceux qui l’ont imaginé. Bon, on mettra de côté l’armée américaine, pour le coup, mais il faut avouer que la vision du fondateur de Google est assez intéressante. Dans les années 90 – 2000, on pensait que rien ne pourrait arrêter la toile. Mais aujourd’hui, entre la politique numérique de la Chine, celle de l’Iran et toutes ces lois liberticides qui voient le jour dans nos pays “évolués”, on peut légitimement se demander quel sera le web de demain.

Toutefois, il ne faut pas non plus oublier que la position de Google n’a jamais été très claire en la matière. Notamment en Chine, marché sur lequel la firme n’est jamais vraiment parvenue à s’implanter.

Alors oui, c’est vrai, le web tel que nous le connaissons depuis ses débuts est actuellement en pleine mutation. Et tout comme le dit Sergey, les technologies propriétaires n’arrangent certainement pas les choses. Cela dit, ce n’est pas non plus une raison pour laisser le pessimiste nous gagner. C’est justement pour toutes ces raisons là qu’il est important de se mobiliser aujourd’hui contre des projets de loi comme Hadopi, Loppsi, ACTA et tous ceux qui suivront. Parce que nos pays n’ont pas à ressembler à l’Iran ou à la Chine, parce qu’il est indispensable de combattre la censure et de l’empêcher de s’installer.

Et au pire, si ça ne marche pas, nous n’aurons qu’à créer notre propre internet.

Ca existe déjà.

MAJ : Sergey Brin a tenu à clarifier ses propos, tout est ici.

Crédits PhotoJoi Ito

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