Des serpents comme compteurs Geiger à Fukushima

Le 11 mars 2011, à cause d’un terrible tsunami, le Japon fut la victime de l’une des catastrophes nucléaires les plus dévastatrices de l’histoire, celle de Fukushima. Suite à cet incident, les habitants de la zone ont dû mettre les voiles, faisant de cette dernière une ville fantôme.

Au fils des années, ceux qui ont dû décamper de Fukushima sont revenus petit à petit. Toutefois, une question demeure : dans quelle mesure les zones environnant l’épicentre de l’accident nucléaire sont-elles encore dangereuses ? Pour y répondre, la mesure des taux de radioactivité est indispensable.

Un serpent, langue sortie
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Pour ce faire, Hannah Gerke, de l’Université de Géorgie (États-Unis), et ses compères ont trouvé une idée originale, se servir de serpents en guise de compteurs Geiger. Une méthode qui s’est révélée efficace.

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Le taux de radioactivité sur site varie beaucoup

Actuellement, une zone de sécurité grande environ 714 km², incluant bien évidemment la fameuse centrale nucléaire de Fukushima, a été mis en place. Et pour y déterminer le niveau de radioactivité, Gerke et son équipe y ont déployé des compteurs Geiger peu communs.

Il s’agit de serpents, sur lesquels ils ont attaché des traceurs GPS ainsi que des instruments de mesure du rayonnement radioactif. L’opération a permis de connaître avec précision le taux de radioactivité de plusieurs parties de Fukushima, laissant à ces reptiles de s’y déplacer à leur guise.

Après analyse des données récoltées, les chercheurs ont eu une grande surprise. En effet, au fil du temps, les isotopes radioactifs se sont dissipés de façon très inégale et improbable. Et ce, même dans des zones contigües. Ce qui a amené les scientifiques à déclarer que l’étude post-catastrophe de Fukushima sera bien plus compliquée que prévu.

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Les serpents ont fait office d’excellents compteurs Geiger

D’après Gerke, la décision de se servir de serpents comme compteurs Geiger fut tout à fait logique. Vu que ces derniers sont en même temps des prédateurs et des proies, dans la nature, ils sont souvent exposés aux contaminants, mais peuvent aussi en être les sources.

De ce fait, si les serpents sont exposés à de la radioactivité, il en ira de même pour tout le reste de l’écosystème de Fukushima. Ainsi, à l’avenir, à l’instar de ces serpents, d’autres espèces sauvages pourraient également servir de compteurs Geiger.