Shigeru Miyamoto, le papa de Mario, a un problème avec les free-to-play

Ne prenez pas les joueurs pour des vaches à lait ; tel est – en résumé – le point de vue de Shigeru Miyamoto en matière de modèle économique. Le créateur de Mario et Donkey Kong, qui s’exprimait lors du Cedec (une conférence dédiée aux développeurs, tenue près de Tokyo) à propos des pistes explorées Nintendo pour monétiser ses propres jeux, a critiqué certaines des dérives actuelles de l’industrie vidéoludique. Pour l’intéressé, les éditeurs et développeurs devraient veiller à ne pas abuser du modèle free-to-play très présent sur mobile, notamment.

Son idée à lui pourrait d’ailleurs être jugée old-school, mais elle a de quoi séduire : laisser de côté ce modèle économique et privilégier un paiement unique, pour un montant raisonnable, au moment de l’acquisition. Une position que Miyamoto considère comme la seule véritablement capable d’assurer stabilité et durabilité à un marché du jeu vidéo particulièrement juteux. Il devrait, selon les données de Newzoo, rapporter près de 140 milliards en 2018.

Shigeru Miyamoto, l’un des créateurs star de Nintendo, s’est exprimé auprès de Bloomberg au sujet du modèle free-to-play. Il encourage notamment les différents acteurs de l’industrie à ne pas être trop avides.

Nous avons la chance d’avoir un marché aussi immense, donc notre point de vue est le suivant : si nous pouvons délivrer des jeux à un prix raisonnable à autant de personnes que possible, nous parviendrons à générer de gros profits“, déclarait ainsi Miyamoto au cours de son intervention. Des propos recueillis par Bloomberg.

Les débuts de Nintendo dans le monde mobile ont été cahoteux, modèle free-to-play ou non…

Pourtant, les débuts de Nintendo dans le monde mobile ont été marqués par une difficulté de la firme à se positionner clairement en matière de modèle économique. Super Mario Run, était ainsi proposé au travers d’une offre d’essai gratuite, mais il fallait payer pour profiter du titre au grand complet. Kingdom Hearts et Animal Crossing, quant à eux, reposaient sur le principe décrié du free-to-play avec micro paiements intégrés à l’expérience. Un point qui n’avait pas manqué de faire jaser.

Entre le free-to-play et un prix fixe, Miyamoto fait tout de même son choix, et ce en dépit des les difficultés rencontrées ces dernières années. “Je ne peux pas dire que notre modèle à prix fixe ait vraiment été un succès“, a-t-il admis en promettant que Nintendo va malgré tout persévérer dans cette voie. “Nous allons continuer à pousser dans cette direction jusqu’à ce que [ce modèle] soit enraciné“, expliquait-il. “De cette manière, nous pourrons développer des jeux dans un environnement confortable“.

Rappelons que Nintendo a annoncé l’arrivée de deux nouveaux jeux sur mobile : Dragalia Lost (qui devrait arriver prochainement) et Mario Kart Tour (dont le lancement est attendu en mars 2019). On s’attend donc à ce que ces deux titres soient proposés à un prix fixe dès le départ.