Si la Terre va mal, c’est aussi de la faute de votre déo

Dans le ciel des grandes villes, l’on peut parfois apercevoir une brume brunâtre épaisse, provenant d’un mélange de polluants atmosphériques. Appelé « smog photochimique », il s’agit d’un type de smog provenant essentiellement de l’élévation de la concentration en ozone troposphérique. Limitant la visibilité atmosphérique, cette substance est particulièrement perceptible en été. Dans l’imaginaire collectif, ce type de smog est souvent rencontré en milieu urbain est lié à la pollution par les gaz d’échappement.

Cette idée n’est pas fausse, mais elle incomplète. De récentes études ont montré qu’une grande partie des COV (Composés Volatiles Organiques) qui constituent l’ozone troposphérique proviennent des particules évaporées comme celles des déodorants, des crèmes solaires, des sprays antimoustiques, les peintures, les produits pharmaceutiques et les produits d’hygiène.

L'aisselle d'une femme
Image par Nicola Giordano de Pixabay

Une équipe de chercheurs de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) a tenu à vérifier les résultats de ces recherches. La nouvelle étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, confirment ceux des précédentes.

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78 % des COV proviennent des humains

L’étude a été menée par Matthew Coggon et Georgios Gkatzelis, des scientifiques du CIRES travaillant à la NOAA. Leurs calculs ont montré que près de la moitié des 78 % de composés organiques volatils (COV) venant des humains à New York provenaient des produits de soins personnels parfumés. Les échantillons d’air étudiés ont été prélevés dans la ville de New York en 2018.

Les chercheurs de la NOAA ont ensuite vérifié ce qu’il en est du smog des villes dont la démographie est moins dense. Ils ont conclu que le smog des villes comme Boulder et Colorado était en moyenne constitué de 58 % de particules polluantes issues du trafic et de 42 % de ces produits chimiques.

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Pour mieux cibler les politiques antipollution

Au début, Georgios aurait eu du mal à croire les résultats des précédentes études, en voyant la pollution émise par les embouteillages.

« Ce qu’il faut retenir, c’est que les émissions de COV provenant des produits de consommation augmentent avec la densité de la population urbaine, et que ces produits chimiques jouent un rôle important dans la production d’ozone. » 

M. Coggon, un scientifique du CIRES travaillant pour la NOAA

Notons que des études scientifiques ont démontré que l’ozone troposphérique est lié au risque de développer des maladies cardiaques et pulmonaires. Les résultats de cette étude devraient ainsi aider les décideurs à cibler les politiques antipollution.

Mots-clés écologie