Si l’humanité veut coloniser Mars, elle va peut être devoir devenir moins humaine

Mars se trouve dans la ligne de mire de la NASA et des autres agences spatiales mondiales. Mais avant de pouvoir coloniser la planète rouge, il va falloir commencer par préparer le voyage, ce qui ne sera pas une mince affaire.

Si la vie a réussi à se former sur la Terre, ce n’est effectivement pas par hasard. La planète bleue offre des conditions idéales. Non contente d’abriter de l’eau, elle est également pourvue d’une magnétosphère qui nous protège des radiations mortelles de l’espace.

Un astronaute dans sa combinaison

Crédits Pixabay

Or justement, Mars est bien moins lotie de son côté et la planète rouge est ainsi dépourvue de ce bouclier naturel. En d’autres termes, sa surface est en permanence balayée par les radiations.

Mars, une planète extrêmement hostile

Et si l’on ajoute à cela l’absence de végétation et des températures très basses, on obtient une planète extrêmement hostile.

Si nous voulons être en mesure de la coloniser, nous devrons donc nous adapter à son environnement et à ses conditions. Et si l’on en croit la docteure Kennda Lynch, une astrobiologiste et géomicrobiologiste travaillant pour le Lunar and Planetary Institute de Houston, alors cela pourrait passer par des modifications génétiques.

En effet, si notre espèce en est arrivée là, c’est principalement parce qu’elle a dû s’adapter aux conditions terrestres. Notre organisme a donc été conditionné par la planète bleue et c’est la raison pour laquelle il est particulièrement adapté à cette dernière.

Mars, de son côté, offre un environnement très différent. Un environnement ne correspondant pas du tout à nos organismes. Ni même à ceux des diverses formes de vie présentes sur la Terre – en dehors des tardigrades.

La technologie n’est pas forcément la seule réponse

Pour compenser, la réponse la plus logique semble être la technologie. Construire des habitats capables de nous protéger des radiations cosmiques n’est plus du domaine de la science-fiction. La Station Spatiale Internationale, par exemple, est équipée pour limiter autant que possible l’exposition de ses locataires à ces radiations mortelles.

Mais il y a d’autres contraintes. Si nous voulons établir une colonie pérenne, alors nous ne devrons pas uniquement être en mesure de survivre aux conditions martiennes. Il faudra aussi vivre, et prospérer.

Dr Kennda Lynch est précisément revenue sur cette question lors d’un webinaire organisé par la New York Academy of Sciences la semaine dernière. Si la chercheuse n’a pas manqué d’évoquer les impératifs technologiques d’une telle mission, elle a également abordé un autre sujet, autrement plus délicat. Celui des modifications génétiques.

L’être humain, comme nous l’avons vu un peu avant, n’est pas fait pour survivre aux conditions martiennes. La planète nous est hostile. Dans ce contexte, on peut légitimement se demander si les colons seront réellement en mesure de s’installer durablement sur Mars. Et s’ils parviendront à se reproduire pour développer leur colonie.

La génétique pour aider l’Homme à s’adapter aux conditions martiennes

Pour la chercheuse, la technologie ne répond donc qu’à une partie du problème et elle suggère ainsi que nous nous focalisions également sur l’évolution de notre génome afin de le rendre plus fort et plus résistant.

Alors bien entendu, et comme elle l’indique elle-même, cela soulève de nombreuses questions d’ordre éthique. Jusqu’à présent, les manipulations génétiques chez l’Homme sont formellement interdites. Mais il faudra peut-être en passer par là pour réussir à s’installer durablement sur Mars.

L’astrobiologiste n’en est d’ailleurs pas restée là. Pour elle, cette question ne doit pas se limiter à notre propre espèce. La biologie synthétique pourrait également nous aider d’autres manières, en modifiant par exemple la génétique des futures cultures martiennes afin qu’elle puisse prospérer et subvenir plus facilement à nos besoins.

Bon, après, il nous reste toujours l’option des tubes de lave.

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