Si Proxima b abritait la vie, alors elle aurait du mal à s’échapper du système

Les humains ont toujours utilisé des fusées chimiques pour aller à la conquête de l’espace. En dépit du fait que cette méthode ait historiquement fait ses preuves, elle requiert des ressources considérables et coûteuses si bien que les scientifiques doivent songer à trouver des moyens plus efficaces pour conquérir l’espace.

Pour trouver une solution à ce dilemme, deux scientifiques, le professeur Abraham Loeb de Harvard et le chercheur indépendant affilié à l’Observatoire de Sonneberg Michael Hippke se sont demandé si les hypothétiques espèces extraterrestres vivant sur les autres planètes pourraient s’échapper dans l’espace en utilisant des fusées chimiques.

Tandis que le professeur Loeb a étudié les fusées chimiques s’échappant de Proxima b, Hippke s’est demandé si ces mêmes fusées pouvaient potentiellement atteindre la vitesse d’échappement.

La fusée doit atteindre une vitesse d’échappement de 11.186 km/s

Selon le professeur Loeb, la vitesse d’échappement d’une fusée doit atteindre les onze mille cent quatre-vingt-six kilomètres par seconde pour atteindre l’espace. Le scientifique déclare que la vitesse d’échappement de la zone habitable est inversement proportionnelle à la masse stellaire. Autrement dit, la vitesse d’échappement s’échelonne comme la racine carrée de la masse stellaire sur la distance de l’étoile.

Dans son essai, le professeur Loeb indique que l’orbite de la Terre autour du Soleil est à la limite de la vitesse réalisable par les fusées chimiques alors que sur Proxima b, elles auraient du mal à échapper à leur emplacement dans l’espace interstellaire avec des roquettes chimiques.

La planète est en effet vingt fois plus proche de son étoile que la distance entre la Terre et le Soleil. À cet endroit, la vitesse de fuite est de 50 % plus grande que celle de l’orbite de la Terre autour du Soleil.

La Terre reste la planète idéale pour lancer les fusées chimiques

De son côté, le chercheur Hippke considère que la Terre n’est peut-être pas la planète la plus habitable de l’Univers.

Selon son analyse, une planète plus massive, avec une gravité plus élevée, aurait une topographie plus plate composée d’archipels et non de continents et ses océans seraient moins profonds donnant ainsi un environnement idéal pour favoriser la biodiversité.

Néanmoins, en ce qui concerne les lancements de fusées, une gravité de surface accrue signifierait également une vitesse d’échappement plus élevée. Ce qui implique une consommation en carburant beaucoup plus importante pour les fusées. De ce fait, le chercheur reconnaît que les caractéristiques de la Terre la rendent parfaite pour lancer les fusées.

Ainsi, Hippke déclare que si d’autres civilisations existaient dans l’Univers, leur chance de sortir dans l’espace serait très faible étant donné que plus la planète est massive, plus les ressources et conditions nécessaires à la propulsion chimique sont importantes et difficiles à remplir.

Du moins en supposant que ces mêmes civilisations utilisent des technologies analogues à la nôtre.

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