Si vous allez au Texas, il vaudra mieux éviter les dick pics

Alors que les États américains cherchent à criminaliser le « revenge porn », le Texas a décidé d’aller plus loin en faisant équipe avec l’application Bumble pour réprimer les personnes qui envoient des images sexuelles non sollicitées, du genre « dick pics », sur des applications de rencontres et ailleurs dans le cyberespace.

La nouvelle loi du Texas qui interdit ce que l’on appelle le « cyber-flashing » a été adoptée après que Morgan Meyer, membre républicain de la Chambre des représentants du Texas pour le district 108 du comté de Dallas, se soit associé avec la société derrière l’application de rencontres et de réseaux sociaux, Bumble, pour initier un projet de loi plus tôt cette année.

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Crédits Pixabay

Une loi pour pénaliser l’envoi d’images sexuelles non désirées en ligne

« Un certain nombre de personnes qui utilisaient l’application se sont plaintes de l’envoi de ces images et se sont vite rendu compte qu’il n’y avait aucun recours », a déclaré Meyer, rappelant que le directeur général de Bumble, Whitney Wolfe Herd, l’avait approché à cet effet pour mettre en place une mesure. « Il n’y avait rien à faire. Ce n’était pas une infraction pénale, bien qu’il s’agisse bien de harcèlement sexuel numérique. »

La loi qui vient d’entrer en vigueur interdit justement le harcèlement sexuel en ligne. Il fait de la transmission électronique de contenu sexuellement explicite un délit de classe C avec une amende maximale de 500 $, si la personne qui l’a reçu n’a pas donné son consentement. La loi s’applique aux médias sociaux, aux applications de rencontres, aux emails et aux messages texte (SMS/MMS).

Les femmes particulièrement concernées par le harcèlement sexuel en ligne

Un sondage de Pew Research Center, réalisé en 2017, révèle que le taux de harcèlement sexuel en ligne est beaucoup plus élevé chez les femmes que chez les hommes. L’étude a révélé que 21% des femmes âgées de 18 à 29 ans ont déclaré avoir été victimes de harcèlement sexuel en ligne, contre 9% des hommes du même groupe d’âge. Et près de 53% de ces femmes ont déclaré avoir déjà reçu des images explicitement sexuelles qu’elles n’avaient pas demandées.

Caroline Ellis Roche, chef d’équipe de Bumble, a déclaré que la société envisageait de porter la législation au niveau fédéral et dans d’autres États dans l’espoir qu’elle soit adoptée plus largement.

Selon l’ONG Cyber ​​Civil Rights Initiative, 46 États américains ont déjà adopté des lois visant à lutter contre le « revenge porn », mais presque aucun ne sanctionne les images sexuellement explicites non sollicitées. Une poignée d’autres États ont des lois qui condamnent les messages électroniques avec du contenu obscène, mais la plupart de ces Etats tiennent compte seulement des intentions de l’expéditeur.

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