Si vous êtes sensible à la douleur, c’est peut-être à cause de l’Homme de Néandertal

Certaines personnes sont plus sensibles à la douleur que d’autres. D’après les chercheurs, il y aurait une explication scientifique à cela. Une étude menée par Hugo Zeberg, de la Karolinska Institute de Stockholm, et Svante Päābo, de la Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology de Leipzig, a révélé que notre sensibilité à la douleur serait influencée par un gène que nous avons hérité de l’Homme de Neandertal.

Ces scientifiques ont étudié les génomes de Neandertal afin d’en savoir plus sur les changements génétiques qu’ils ont subis au fil des années. L’analyse de ces génomes leur a permis de déterminer l’impact de ces changements génétiques sur la physiologie de l’Homme actuel.

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Ils ont découvert que les personnes qui ont hérité d’une variante néandertalienne d’un gène codant pour un canal ionique auraient une tolérance plus faible à la douleur.

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Une caractéristique courante chez les personnes venant d’Amérique du Sud et d’Europe

À un certain moment de l’histoire, les Hommes de Neandertal et les Hommes modernes se sont accouplés. Leurs gènes se sont mélangés et cela a entraîné de nombreux changements génétiques. C’est ainsi qu’a été créée une variante néandertalienne d’un gène codant pour un canal ionique.

Hugo Zeberg et Svante Päābo ont étudié plusieurs génomes de Neandertal et ont retrouvé une trace de ces gènes chez les personnes originaires d’Amérique du Sud, d’Amérique centrale et d’Europe. Ils expliquent dans leur étude que ce gène est responsable de la sensibilité à la douleur chez une personne.

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Un gène à l’origine d’une faible tolérance à la douleur

Les chercheurs ont découvert que ce gène néandertalien était à l’origine de la production d’une protéine appelée Nav1.7. On sait que cette protéine peut provoquer des syndromes douloureux chez l’Homme. Cette protéine déclenche la douleur en laissant passer des ions sodium à travers un canal qu’elle forme dans la membrane cellulaire. Si ce canal ne s’ouvre pas, la personne devient insensible.

Cette protéine peut subir des variations chez certaines personnes qui deviennent plus sensibles à la douleur.

« La variante néandertalienne du canal ionique porte trois amino-acides différents avec la variante commune « moderne ». Alors que les substitutions d’acides aminés simples n’affectent pas la fonction du canal ionique, la variante complète de Neandertal portant trois substitutions d’acides aminés conduit à une sensibilité accrue à la douleur chez les personnes d’aujourd’hui » explique Hugo Zeberg.

Cette étude a fait l’objet d’une publication dans la revue Current Biology.

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Mots-clés anthropologie