SIDA : un premier patient guéri grâce à un médicament expérimental ?

Un rapport publié le mardi 7 juillet dernier pourrait offrir une lueur d’espoir dans la lutte contre le VIH. Ce rapport indique qu’un homme de nationalité brésilienne infecté par le virus n’a plus montré aucun signe de la présence de ce dernier dans son corps, et ce depuis plus d’un an après la fin d’une thérapie expérimentale. Ce traitement, qui utilise un médicament expérimental, a pour but de détruire le virus en latence dans le corps.

Si le cas du patient brésilien est bien confirmé, ce serait la première fois que le VIH est éliminé du corps d’un patient sans avoir procédé à une transplantation de cellules souches ou de moelle osseuse. La transplantation est en effet jusqu’ici le seul traitement qui a réussi à guérir des personnes séropositives. Il s’agit des patients surnommés « patient de Londres » et « patient de Berlin ». Ils ont reçu un greffon provenant de donneurs ayant un gène conférant une immunité naturelle au VIH. Mais les médecins qualifient la procédure de très risquée et pas du tout pratique.

Crédits Pixabay

Traiter les patients avec des médicaments serait ainsi la solution idéale pour éliminer le VIH chez une personne infectée. Toutefois, les scientifiques expliquent que les résultats de cette dernière étude ne veulent pas dire qu’on a définitivement trouvé le remède contre le SIDA. Il faudra en effet procéder à de nombreuses vérifications indépendantes avant de pouvoir vraiment se prononcer.

Le traitement suivi par le patient brésilien

Selon les scientifiques, éliminer le VIH du corps d’une personne n’est pas chose facile puisque le virus va créer une sorte de réservoir de cellules sanguines où il va être en latence. Ce réservoir est impossible à attaquer par le système immunitaire ou par des médicaments. Toutefois, il est possible de contrôler l’infection à  l’aide de ces derniers, sauf que l’arrêt du traitement va réactiver le virus en latence et raviver la maladie.

Au cours de son étude, le Dr. Ricardo Diaz de l’Université de Sao Paulo, avec l’aide de son équipe, a utilisé des combinaisons puissantes de médicaments pour essayer de « purger » le réservoir de VIH. Selon lui, ils ont essayé de réveiller le virus dormant, puis de renforcer le système immunitaire pour que celui-ci puisse l’éliminer. Le patient en question prenait un ensemble de trois produits standards pour contrôler le VIH. Diaz et ses collègues lui ont prescrit deux médicaments de plus pour intensifier le traitement, le dolutégravir et le maraviroc, ainsi que de la nicotinamide, une forme de vitamine B3 qui pourrait aider à exposer le virus dormant.

Ce traitement de choc a été suivi pendant environ une année, puis le patient est revenu à ses trois médicaments standards pendant deux ans. En mars 2019, il lui a été demandé d’arrêter son traitement, et depuis, le virus n’a plus été détecté dans aucun de ses prélèvements.

À lire aussi : Un nouveau médicament contre le SIDA à la saveur fraise

La prudence est de mise

D’après la Dre Monica Gandhi, une spécialiste du SIDA travaillant à l’Université de Californie, San Francisco, cette découverte est vraiment enthousiasmante, toutefois, ce sont encore des résultats préliminaires. En effet, une seule personne a été testée négative au VIH après ce nouveau traitement. Ce dernier n’a pas fonctionné chez les 4 autres sujets de l’étude, ainsi que chez les 30 personnes qui ont participé à une étude utilisant des approches similaires.

Diaz indique que le traitement qu’ils ont mis au point est très prometteur et que le patient pourrait être définitivement guéri. Cependant, il faudra encore du temps avant d’en être sûr. Le scientifique a d’ores et déjà annoncé qu’on lui a accordé la possibilité de commencer une nouvelle étude impliquant cette fois-ci 60 patients. Celle-ci va avoir le soutien du gouvernement brésilien, ainsi que de l’entreprise ViiV Healthcare qui produit le maraviroc.

Il faudra encore attendre un certain temps avant de savoir si ce nouveau traitement est bien celui que toutes les personnes atteintes du VIH attendent depuis des années. En tout cas, on peut dire qu’il s’agit ici d’un grand pas dans la lutte contre le VIH-SIDA qui a déjà fait des millions de victimes au cours de ces dernières décennies.

À lire aussi : Les 10 pires pandémies de notre histoire

Mots-clés médecinesantésida