Singapour : les autorités utilisent les données de l’application de traçage des cas COVID pour résoudre des crimes

Depuis mars 2020 au Singapour, l’application TraceTogether a permis de suivre les cas positifs au Sars-CoV-2, le coronavirus à l’origine du COVID-19. Mais apparemment, cette application de suivi et de traçage peut également servir à d’autres fins, notamment, pour aider la police singapourienne à résoudre des crimes.

En effet, en vertu de l’article 20 du CPP (Code de Procédure pénale), les forces de l’ordre de Singapour ont accès aux données de chaque personne ayant téléchargé l’application TraceTogether, dans le but de mener à bien leurs enquêtes.

Un utilisateur mobile avec un smartphone entre les mains

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Bien évidemment, cela peut poser problème par rapport au respect de la vie privée des utilisateurs, Vivian Balakrishnan, ministre en charge de l’Initiative pour une nation intelligente, et K. Shanmugam, ministre du Droit et des Affaires intérieures, ont tenu à rassurer leurs compatriotes sur le bien-fondé de cette pratique.

Les données de TraceTogether ne serviront donc qu’à la résolution de crimes très graves, tels que les homicides ou les attaques terroristes. Et ce, dans le respect total de la vie privée des utilisateurs de TraceTogether.

L’usage de TraceTogether ne se limite plus au traçage des cas COVID

Il y a de cela 3 mois, 2,4 millions de Singapouriens ont téléchargé TraceTogether. Aujourd’hui, ces chiffres sont passés à 4,2 millions, ce qui équivaut à 78 % de la population. Cette étonnante hausse est en partie due à une loi, imposant l’utilisation de cette application pour pouvoir accéder aux endroits publics, à compter du début de l’année 2021.

Et alors que les données fournies par TraceTogether ont déjà permis plus d’une fois de résoudre des meurtres, ce nombre impressionnant d’utilisateurs ne pourrait que grandement accroître son utilité dans les enquêtes policières.

Il est tout de même important de souligner qu’en autorisant les forces de l’ordre à accéder à la base de données de TraceTogether, le gouvernement singapourien est allé plus loin. En effet, alors que seules les données des utilisateurs positifs au COVID-19 pouvaient être exploitées par une équipe très restreinte, l’article 20 du CPP permet également à la police d’extraire celles de tous les utilisateurs de l’application, qu’ils soient porteurs ou non du coronavirus.

Les utilisateurs de TraceTogether n’ont pas à s’inquiéter disent les autorités

Comme l’a souligné K. Shanmugam, la police ne se servira des données fournies par TraceTogether que pour mener des enquêtes impliquant des crimes graves, tels que les affaires de meurtre ou les attentats terroristes. Aussi, les autorités assurent qu’en aucun cas le gouvernement n’espionnera les utilisateurs de TraceTogether.

À chaque fois qu’une enquête touchera à sa fin, si les données récoltées ne sont plus utiles à la police, ces dernières seront effacées de leurs bases. Selon Shanmugam, les utilisateurs de TraceTogether n’ont donc pas de soucis à se faire par rapport au respect de leur vie privée.

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