Quand des chercheurs utilisent des gènes humains pour faire grossir le cerveau des singes

Des scientifiques ont réussi à faire doubler la taille du cerveau des singes. C’est ce qui découle d’une expérience ayant été menée sur des fœtus de primate qui se sont vu injecter un gène humain.

Des chercheurs de l’Institut allemand Max-Planck de biologie cellulaire moléculaire et génétique et du Japan’s Central Institute for Experimental Animals ont mené une expérience scientifique qui fait penser à la célèbre franchise La Planète des singes. Comme nous l’apprend Popular Mechanics, ils ont introduit un gène humain appelé ARHGAP11B dans des fœtus de marmouset. Ils ont ensuite constaté que le cerveau des primates a grossi, devenant plus humain, et donc, plus avancé. En effet, après 100 jours de gestation, l’organe a presque doublé de taille. Cet accroissement concernait en particulier le néocortex, la zone responsable de la cognition et du langage.

Crédits Eshan Chandra – Pixabay.com

« Nous avons constaté que le néocortex du cerveau du singe s’était élargi et sa surface était devenue pliée », a déclaré dans un communiqué Michael Heide, l’auteur principal de l’étude.

Une expérience qui nous aide à mieux comprendre notre évolution

Ce n’est pas la première fois que les scientifiques s’intéressent aux effets du gène humain ARHGAP11B sur la croissance du cerveau des animaux. Des expériences précédentes avaient par exemple pour but de déterminer ses influences sur le développement du cerveau de la souris et du furet. Ces tentatives ont également entrainé une hypertrophie du néocortex.

Néanmoins, cette nouvelle expérience est une première en son genre. Jamais auparavant le gène n’a été injecté dans un primate non humain. Les résultats de l’étude devraient ainsi nous aider à mieux comprendre nos origines étant donné que l’ARHGAP11B a joué un rôle clé dans notre évolution. Rappelons au passage que ce gène est apparu chez nos ancêtres il y a environ 5 millions d’années.

Les analyses limitées sur les fœtus

Dans le but d’éviter d’éventuelles conséquences imprévisibles, les chercheurs ont choisi de limiter leurs expériences sur les fœtus de singe. Cette décision a également été prise pour des questions d’ordre éthique. « En raison des conséquences imprévisibles potentielles sur la fonction cérébrale postnatale, il est nécessaire — et obligatoire d’un point de vue éthique — de déterminer d’abord les effets d’ARHGAP11B sur le développement du néocortex du marmouset fœtal », a estimé Wieland Huttner, co-auteur de l’étude.

Mots-clés génétique