Skyrim avait un message politique à faire passer, mais personne ne s’en est aperçu

Quand on pense à Skyrim, on pense à un casque à cornes, à des montagnes enneigées et à un type qui hurle Fus Roh Dah sur des dragons. Enfin ça, c’est du moins ce que l’on y voit lorsqu’on ne s’appelle pas Todd Howard. Le réalisateur et producteur de bien des titres issus de la matrice Bethesda Studios s’est exprimé auprès du quotidien britannique The Guardian au sujet (entre autres) du dernier volet en date de la saga The Elder Scrolls, et pour lui, Skyrim était avant tout porteur d’un message politique… qui n’aurait pas été apprécié à sa juste valeur.

Autant dire que les grands naïfs que nous sommes se sentent forcés de tendre une oreille attentive. Ce n’est pas tous les jours qu’un message politique passé plus ou moins inaperçu fait surface des années après la sortie d’un titre du calibre de The Elder Scrolls V.

Todd Howard, réalisateur et producteur chez Bethesda, s’est une nouvelle fois exprimé au sujet de Skyrim. Au delà de la chasse aux dragons, le titre véhiculait un message politique… Pas sûr toutefois que les joueurs s’en soient rendu compte.

D’après la figure de proue de Bethesda, le jeu abordait ainsi deux thèmes délicats que les joueurs n’ont pas su saisir à la volée : ceux du nationalisme et des préjugés raciaux. Le premier s’exprimait par le biais de la situation géo-politique en cours dans la province de Bordeciel (occupée par l’Empire de Cyrodiil) ; le second au travers du traitement réservé à certaines races au sein de la société nordique présentée dans le jeu.

Skyrim : un titre plus que jamais d’actualité pour Todd Howard

“Quand les gens regardent Skyrim, ils parlent d’un titre fantasy dans lequel on tue des dragons ; mais le véritable thème sous-jacent était : adoptez-vous une vision nationaliste de votre propre pays, ou préférez-vous regarder le monde dans son entièreté ? Je crois que c’est d’actualité aujourd’hui“, déclarait Todd Howard au cours de son entretien avec The Gardian, avant d’ajouter un plus plus loin : “ce qui aide avec la fiction en tant que genre, c’est que [quel que soit le type d’univers] : science-fiction, fantasy ou post-apocalyptique, vous pouvez introduire des thèmes comme les préjugés raciaux d’une façon qui passera inaperçue de prime abord, mais qui sautera aux yeux au bout d’un moment“.

Si Skyrim abordait bien la question des préjugés raciaux (notamment en pointant le traitement peu enviable réservé aux populations elfes par les nordiques, ou l’interdiction imposée aux Khajiit d’entrer dans les villes impériales), et que le titre donnait effectivement une petite place aux prétentions nationalistes de certaines grandes figures de la contrée de Bordeciel, on reste toutefois très loin – chez Bethesda – de la profondeur d’analyse accordée à ce genre de sujets par des sagas comme celles des The Witcher (pour ne citer qu’elle).

En la matière, l’éditeur pourrait largement forcer le trait. Ses RPG n’en seraient que plus convaincants en termes d’écriture.

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