New-York : des algorithmes pour lutter contre la pollution sonore

Dans certaines villes, la pollution sonore est un réel problème pour les riverains comme pour les autorités. En île de France, à titre d’exemple, le coût social de ce phénomène est évalué à seize milliards d’euros par an. Celui-ci peut effectivement causer de graves conséquences comme des maladies du cœur, l’hypertension ou la perte auditive. La ville de New York, « la ville qui ne dort jamais », fait également partie des villes les plus bruyantes du monde.

Dernièrement, une nouvelle initiative a été prise par la grande ville américaine et des universitaires. Il s’agit d’un projet qui a été baptisé Sounds of New York City. Concrètement, il s’agit d’écouter la ville à travers des capteurs alliés à des algorithmes. Ce programme est mené par Juan Bello, professeur de technologie musicale à New York University.

Sounds of New York

L’initiative a été financée à hauteur de 4,6 milliards de dollars par la Fondation nationale américaine pour les sciences. Elle devrait être achevée au bout de 5 ans.

New York a un problème de pollution sonore

« De nombreuses études montrent l’impact phénoménal du bruit sur la santé, à court et à long terme. » a rappelé Juan Bello. Arline Bronzaft, de son côté, est psychologue environnementale et professeur à l’université publique de New York. Depuis vingt ans, il alerte sur les potentiels dégâts que le bruit peut provoquer sur la santé. Selon lui, les autorités de New York sont conscientes du problème.

À New York, les plaintes seraient relativement trop nombreuses. Depuis 2003, un service pour appels non urgents a été mis en place par la Municipalité, le 311. « C’est le bruit qui, invariablement chaque année, arrive en tête. » a souligné le chef de projet.

Par ailleurs, les effets de la pollution sonore se feraient déjà ressentir chez les habitants. « Les gens marchent plus vite en partie pour échapper au bruit, ils parlent fort, car ils rivalisent avec d’autres sons. » a-t-il ajouté à ce propos.

Un laboratoire parfait

Juan Bello conçoit New York comme un « laboratoire parfait » pour évaluer le dispositif. D’ailleurs, les gratte-ciel amplifieraient les bruits de la ville. « Beaucoup de sons qu’on entend à New York ne seraient pas aussi forts ailleurs, en raison de la topologie particulière de la ville. » a-t-il affirmé.

L’outil est en fait constitué de microphones placés dans les rues. Ceux-ci enregistrent tous les bruits générés par la ville. Grâce à la technologie de l’apprentissage machine, ils seront capables de reconnaître automatique les sources des nuisances.

Le dispositif est également capable d’alerter les autorités de la ville.

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