NASA : Un sous-marin pour aller explorer les mers de Titan dans une décennie ?

Des scientifiques de la Nasa proposent l’idée d’un sous-marin pour aller explorer Kraken Mare et Ligeia Mare, des mers de Titan, l’une des lunes de Saturne. Pour le moment, il s’agit uniquement d’un projet que les chercheurs de la NASA comptent soumettre à l’approbation, mais non d’une mission officielle.

Ce n’est d’ailleurs pas nouveau que la NASA accorde des fonds pour certaines idées prometteuses via le NIAC (Nasa Innovative Advanced Concepts). En effet, l’atmosphère de Titan est « chimiquement complexe », avec des traces de molécules organiques, de celles qui sont à la base des êtres vivants que nous connaissons. Et apparemment, les écosystèmes marins de cette Lune n’y seraient pas étrangers.

La planète Saturne et ses lunes

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Ainsi, Titan serait potentiellement capable d’accueillir la vie, selon ces chercheurs. Une raison suffisante pour aller l’explorer selon Steven Oleson du Glenn Research Center de la Nasa (Ohio).

Titan, une lune qu’il nous faudrait apparemment étudier

Il se pourrait bien que Titan possède en fait deux écosystèmes, l’un de surface et l’autre souterrain. Le premier, à très basse température, permet de maintenir le méthane et l’éthane à l’état liquide, à l’instar de l’eau.

Par contre, l’eau serait maintenue liquide plus en profondeur où l’environnement se rapproche plus du nôtre. Et si vie il y a, les formes de vie souterraine qui s’y trouve pourraient nous être assez familières étant donné le rapport à l’eau.

D’après Oleson, même si Europe (satellite de Jupiter) et Encelade (satellite de Saturne) ont vraisemblablement de très vastes quantités d’eau liquide en surface, ces dernières sont recouvertes d’une masse de glace qui pourrait poser problème. Commencer par Titan serait donc plus réaliste.

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Les paramètres à prendre en compte pour une telle mission

Pour en revenir au projet d’exploration de Titan moyennant un sous-marin, l’océan d’hydrocarbure dans lequel le submersible évoluera est un liquide aisément plus navigable et « transparent » aux signaux radio de communication. Des conditions qui compenseront les 6 mètres et 1,5 tonne de l’engin, l’arsenal de matériel compris.

Les mers à étudier sont situées dans la partie nord de Titan qui, lui-même, a des saisons d’environ 7 années chacune. Ainsi, l’atterrissage sur l’astre devrait avoir lieu pendant le printemps austral (2040) si le sous-marin est apparié à une station orbitale relais, ou en été austral (2045) si ce n’est pas le cas.

En tenant compte de ces marges et du voyage vers Titan, le lancement d’une éventuelle mission devrait se produire à l’horizon 2030.

Pour Oleson et son équipe, l’exploration sous-marine sur Titan est une suite logique à la mission de Dragonfly, un drone de la Nasa qui analysera l’habitabilité et les caractéristiques chimiques de son atmosphère en 2034, pour un décollage en 2026.

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