Spotify ne vous espionne pas vraiment. Enfin pas plus que ses concurrents.

Spotify vient de modifier ses conditions d’utilisation. Désormais, le géant de la musique en streaming s’arroge le droit d’accéder à toutes les informations contenues sur votre terminal. Comme vos contacts, vos photos, vos vidéos ou même votre localisation. L’affaire a évidemment fait beaucoup de bruit et Daniel Ek a donc pris la parole pour tenter de rassurer ses ouailles.

Tout a commencé avant-hier, lorsque Wired a publié un premier article pour expliquer les changements apportés aux conditions d’utilisation du service. Il faut dire que personne ne les avait lues en dehors de Gordon Gottsegen.

Données privées Spotfy

Il n’existe pas de cadenas assez solide pour protéger vos données privées.

Et c’est bien dommage parce que ces changements sont loin d’être anodins. Comme indiqué un peu plus haut, Spotify se réserve désormais le droit d’accéder à tous les fichiers et à toutes les données stockées sur notre téléphone.

Spotify peut accéder à toutes les informations contenues sur votre terminal

Toutes ? Oui, toutes, absolument toutes et cela va de nos photos personnelles à notre carnet d’adresses en passant par toutes nos vidéos. Et même nos films piratés !

Le web s’est évidemment enflammé suite à la publication de ces informations. Pire, certains internautes ont même été jusqu’à utiliser l’arme ultime : le hashtag.

Daniel Ek n’a pas tardé à réagir et il a alors pris la parole pour s’excuser et pour rassurer ses utilisateur. Dans son billet, il explique ainsi que rien ne sera fait sans l’autorisation expresse de l’utilisateur. Contrairement à ce que beaucoup pensaient, ces données ne seront collectées ou revendue à un tiers. Non, en réalité, si Spotify a besoin d’accéder à nos photos et à nos contacts, c’est avant tout pour personnaliser notre expérience.

Spotify veut juste personnaliser notre expérience utilisateur !

Le CEO de la firme finlandaise donne même quelques exemples. Grâce à ce nouveau système, l’application pourra utiliser nos photos personnelles pour habiller nos listes de lectures ou même l’image de notre profil.

Même chose pour la localisation qui permettra à Spotify de nous retourner des pistes spécifiques en fonction de nos déplacements. Genre vous partez en balade à Paris et là, d’un coup, votre application vous proposera d’écouter les derniers morceaux d’Edith Piaf.

Et la voix alors ? Oui, car dans ces conditions d’utilisation, la société indique aussi qu’elle pourra enregistrer ce que nous disons. Bizarre, non ? Carrément mais là encore Daniel Ek a tenu à nous rassurer. S’il a besoin de nous écouter, c’est parce qu’il envisage de doter sa solution de commandes vocales.

Ce n’est pas mieux du côté de la concurrence

Wired s’est alors mis en tête d’éplucher les conditions d’utilisation des solutions concurrentes pour déterminer si elles allaient aussi loin que Spotify sur ce terrain. Après plusieurs heures de recherche, Brian Barrett s’est alors rendu compte que Pandora aussi était un peu trop curieux.

Même chose pour Apple Music, Tidal, Google Music ou même Rdio.

Alors bien sûr, tous ces services ne proposent pas exactement les mêmes conditions d’utilisation, mais ils s’arrogent le droit de fouiner sur notre terminal.

Je comprends évidemment la réaction des internautes. Personne n’a envie d’être espionné. Et pourtant… Pourtant nous le sommes tous et je pense qu’il est important de bien garder cette idée en tête.

Nous sommes tous espionnés. Ce n’est pas normal, mais il existe des alternatives.

Est-ce que c’est surprenant ? Pas vraiment. Nous vivons actuellement à l’ère de l’information et nos données représentent une véritable mine d’or pour les multinationales, pour les publicitaires et même pour les gouvernements.

Après, bien sûr, il y a des alternatives. Plutôt que de vous créer un compte sur Spotify, vous pourrez très bien déployer votre propre nuage avec des solutions spécialisées, en vous appuyant sur un ordinateur ou un NAS. Et encore, il faudra bien vérifier que l’outil que vous utilisez ne comporte pas de porte dérobée.

Même chose pour le firmware ou le système d’exploitation qui tourne derrière.

Oui, c’est possible mais ce n’est pas facile. En attendant, pour éviter le pire, je pense qu’il vaut mieux partir du principe que toutes vos données numériques peuvent être récupérées par un tiers, quel qu’il soit.

C’est finalement ça la seule arme que vous avez. Contrôler l’information à sa source, avant qu’elle ne soit rendue publique.

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